Témoignages

Publié le par Amis de la Terre en Hte-Savoie

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le lac et ses embruns,
Qui sentait bon le bassin Annécien.
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin,
Avec deux arbres, un pommier et un sapin

Au fond, dans la quiétude d'un parc voisin.
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Et l'Annécien, prière, chanta !

De grâce ! de grâce ! monsieur le sénateur,
(Pour la rime)
De grâce ! de grâce ! préservez cette grâce ;
De grâce ! de grâce ! monsieur le sénateur
Ne coupez pas mes fleurs.

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le lac et ses embruns,
Qui sentait bon le bassin Annécien.
C'était un petit jardin
Avec un rouge-gorge dans son sapin,
Avec un homme qui faisait son jardin
Au fond près d'une remise d'un parc riverain.
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston,
Portait une fleur de béton
Et l'Annécien, prière, chanta !

(refrain)

C'était un petit jardin
Qui sentait bon quand j'étais un gamin ;
A la place du joli petit jardin
Il y a un centre, un gros machin
Et maintenant ça pue le talbin,
La grosse limousine avec larbin.
C'était un petit jardin
Au fond du parc, au soleil prenait le bain ;
C'était un petit jardin
Où l'homme chantait, respirait le jasmin.

Jacques DUTRONC, et sans autorisation :

 

 

 

________________      Eloy Calvo     _____________________

 

 

 

______________________________ Ginette       ______________________________

______________________________ Ginette ______________________________

Guignol 8 : Le rêve du canard 

Texte de Ginette
Le rideau s’ouvre, au coin du cadre le canard dort la tête penchée, ses mains devant les yeux, on l'entend légèrement ronfler. Derrière une mousseline transparente, on voit les silhouettes de Nigaut et Aboyer

- Nigaud : Tiens que fais-tu là assis sur le banc de pierre devant la maison Abeille ?

- Aboyer : Je m'imprègne du calme, de la poésie de ce site, tu vois je commence à comprendre nos adversaires.

- Ni : Que dis-tu ? As-tu fumé ? Est-ce bien toi qui parle ainsi ou ton clone ?

- Ab : C'est bien moi ! Pour finir, je me dis que si je veux laisser une bonne image de moi je me dois de préserver ce site ...

- Ni : Ah elle est bien bonne celle-là, maintenant tu fais du sentiment, pourtant les 16000 signatures de la pétition, le combat des associations et la loi littoral, tu avais l'air de t'asseoir complètement dessus ?

- Ab : Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !

Tout à coup le rideau de mousseline et les deux personnages disparaissent

Le canard se réveille en se frottant les yeux  -

- Canard : Coin, coin, coin, coin, j'ai fais un rêve magnifique.  Ah s'il pouvait se réaliser ... Quel bonheur !

Mais après tout (tous les acteurs disent ensemble) RIEN - N'EST - JOU- E !

Rideau Musique joyeuse.

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Nous savons que depuis le 19 mai

monsieur Bernard Accoyer

est entré en analyse.

Nous ne saurions trop lui conseiller de mettre au clair les contradictions entre son comportement et l'idéal qu'il affiche dans ces phrases stupéfiantes pour ceux qui ont vécu difficilement ces cinq années d'opacité et de mensonges.

Merci à Graziella de nous avoir extrait quelques perles du livre du député-maire "un homme politique peut-il dire toute la vérité" publié dans les années 2010-2011.

"J'ai la conviction qu'en démocratie l'homme politique se doit de DIRE TOUTE LA VERITE. Il a, envers ses concitoyens, le devoir d' EXPLIQUER CLAIREMENT LA NATURE DES ENJEUX ET LES PRINCIPES QUI GUIDENT SON ACTION. De même, à la fin de son mandat, il doit rendre compte de la manière dont il a exercé le pouvoir qui lui a été confié.

En médecine comme en politique la VERITE EST non seulement LA PREMIERE ETAPE VERS LE RESPECT MAIS AUSSI VERS L' EFFICACITE, Il s 'agit de prendre le temps  de la CONCERTATION avec l ensemble des représentants  de la vie économique et sociale.

La politique a besoin de raisons, d’explications et de justifications.

Le mensonge finit toujours par être plus violent que la vérité parce que du jour au lendemain comme dans un mauvais  rêve on découvre brutalement l’étendue des dégâts.

Il n'est pas rare de trouver, au sein du personnel politique, des profils assurés, dominateurs voire autoritaires. Certains politiques vont jusqu'à adopter, face à ceux qui leur résistent, un comportement menaçant à la limite de la violence. Cela peut aller  parfois jusqu'à des postures paranoïdes où la moindre opposition est perçue comme une attaque personnelle ...

Si les convictions nous aident à avancer, elles nous éloignent parfois du vrai. On peut malheureusement très sincèrement se tromper."

Laissons la conclusion à Graziella :

"  Il serait bon que notre député-maire médite ses propres écrits et en tire les leçons pour le présent. "

__________________________    Graziella   _______________________

Pauvre Bernard Accoyer

Dans l'Essor Savoyard du jeudi 26 mai 2016, monsieur Accoyer se plaint d'avoir subi un traumatisme sonore de la part d'un opposant au Centre de Congrès  qu'il ne nomme pas. Cette altercation a eu lieu à la Salle du Météore de Meythet le jeudi 19 mai 2016 vers 17 heures.

Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Mais ce qu'il oublie de préciser, c'est qu'il ne se préoccupe absolument pas de l'énorme et beaucoup plus grave traumatisme qu'il fait subir depuis des années aux propriétaires de la presqu’île, d'un âge avancé, en les menaçant d'expropriation  !!!

___________________________   Bernard  Grabet  _______________________

Guignol - 6 : LA RENCONTRE

Deux personnages se rencontrent sur la presqu'île
- PROMENEUR (PR) : Ah bonjour maître ABOYER, quelle belle journée... je suis heureux de vous rencontrer... j'ai une question qui me taraude..., mais pourquoi vous est venu l'idée de mettre ce projet grandiose sur la presqu'île, mais d'où vous est venu cette inspiration ?

- ABOYER (AB) : Ah je suis bien aise de vous rencontrer moi aussi... je vais pouvoir m'en expliquer, je vais même pouvoir vous confier quelque chose... (Ton mystérieux). Un jour... au cours d'une promenade le long du lac, il m'est arrivé une expérience étrange, je me suis senti dirigé par une force supérieure, je me suis mis à tourner en rond sur moi-même comme le chaman...

- PR : Le chaman ? Une force supérieure ? Vous m'étonnez !

- AB : Oui  une force irrésistible et qui m'a fait dire : C'est ici, c'est là, nulle part ailleurs que j'installerai mon palais !

 - PR : Mais, voyons... Tout cela pose de nombreuses questions, y avez vous pensé ?

- AB : Nous avons pensé à tout, A tout à tout à tout, nous avons réponse à tout, (avec assurance et ostentation) d'ailleurs j'ai là dans ma poche le manuel des castors juniors.

- PR : (timidement) Mais avez-vous pensé aux études d'impacts ?

- AB : Nous avons pacté, impacté, compacté partout, des études par ci, des études par là. Nous avons étudié la faune, la flore, les vers luisants à qui nous avons déjà trouvé des emplois nocturnes, nous avons compté les puces de canards et même  celles du chien qui divague.

- PR : Voila un sérieux qui ne m'étonne pas de vous !

- AB : Figurez-vous que nous avons prévu également des cheminées, pour faire venir les cigognes ! Et voyez comme nous aimons la nature, nous avons calculé le temps que nous devrons laisser aux escargots pour quitter la presqu'île sans se faire écraser lorsque les pelleteuses arriveront...

- PR : C'est admirable !

- AB : Et même l'acoustique ! Nous avons calculé avec précision l'angle de l'écho que ma voix produira lors de mon grand discours pour que le portier du sous-sol, et la dame des toilettes, ne manquent aucun mot.

- PR : Que d'attentions ! Que de bonté ! Mais les arbres et les fleurs, qu'en faites-vous ?

- AB : Aucun souci, je les mets dans des bacs, au garde à vous. C'est comme çà que doit être la nature, les troncs droits dans leurs pots, et sur le toit, en bouclettes, c'est plus propre !

- PR : Vous avez-mille fois raison, et quoi d'autre encore ?

- AB : Il y a même une étude sur la chiroptérologie.

- PR : Mais c'est quoi cela ?

- AB : J'en sais rien, mais certains ont trouvé que cela faisait bien dans le dossier !

- PR : Cela impressionne en effet !

- AB : Et puis il s'agit d'un site tout à fait urbanisé, je l'affirme !

- PR : (avec gêne) Vous croyez ? Mais  il n'y a que quelques villas ?

- AB : Sans doute, mais les deux trois pelés tondus qui s'accrochent me compliquent tellement la vie  qu'ils me pèsent aussi lourds qu'une ville entière.

- PR : (très compréhensif) Ah je comprends mieux ! (le doute le reprend)  Mais... cela va peut-être faire beaucoup de voitures ?

- AB : Vous plaisantez, vous avez l'air d'ignorer le mode de transport préféré de la belle société,

- PR : Mais lequel ?

- AB : L'hé-li-cop-tè-re bien-sûr, il pourra larguer directement sur le toit ses passagers, voila un spectacle qui fera la célébrité d'Annecy ! Et puis nous réquisitionnerons tous les parkings publics, c'est bien normal !

- PR : Ah bon, çà me rassure, mais le prix n'est-il pas un peu un peu....

- AB : Oh mais pas du tout, vous plaisantez, rien n'est trop beau pour le peuple, nous ne regardons pas, vous pensez bien, d'autant plus que c'est leur argent. Nous n'avons jamais reculé devant aucune dépense, souvenez vous des JO. Les journaux du monde entier parlaient de nous ! Quel prestige, c'était grisant ! Nous avons même concouru pour gagner le prix du projet écologique !

- PR : Et vous avez gagné ?

- AB : Non, mais l'essentiel est de participer, rien que pour cela nous méritons des lauriers.

- PR : Vous me faites rêver,... mais... certains disent qu'ils aimeraient que le parc de la maison Abeille soit ouvert... car ce parc n'est pas privé, et pourtant, il est grillagé !

- AB : Folie que cela ! Mon ami vous m'agacez, grâce à moi les gens  pourront enfin courir librement !

- PR : Mais où cela ?

- AB : Mais sur le toit bien-sûr, nous pouvons même envisager la piste de ski pour l'hiver, et aussi le toboggan l'été et l'on trouvera bien un système pour les amener directement en plongée dans le lac !

- PR : Bravo je vous félicite, cette fois vous m'avez convaincu !

___________________________    Annick    _________________________

 GUIGNOL - 5 : L’EAU DE LA VERITE LIMPIDE


un canard arrive en s'agitant.

- CANARD (CA) : Coin, coin, coin, coin, coin, alerte, au secours il parait que des êtres bizarres arrivent sur la presqu'île, ils veulent faire atterrir une soucoupe de 10 000 m2.

- CHOUETTE (CH) : Houhh ! houhh ! 10 000 m2 ? Une soucoupe, mais c'est quoi cette histoire ? Et à quoi ils ressemblent ?

- CA : Ils vous ressemblent comme vous et moi.

- CH : Mais alors comment les reconnaître ?

- CA : C'est à l'odeur qu'on les reconnait....chaque fois qu'ils parlent, ils lâchent un gaz urticant qui gratte et qui énerve énormément ! Il parait également qu'ils dévorent les arbres et rejettent du béton !

- CH : C'est affreux !

- CA : Il parait qu'il y a un truc qu'ils détestent, c'est qu'on les asperge de l'eau de la vérité limpide !

- CH : L'eau de la vérité limpide ! Çà se trouve facilement ?

- CA : Il faut chercher, et s'en approvisionner sans cesse... et leur jeter dessus chaque fois qu'ils lâchent leur gaz, alors çà les énervent à leur tour, il parait même que parfois çà les rend fous !

- CH : Alors mon ami allons vite en chercher et prévenons tous les autres (le canard et la chouette se dirige d’un côté du rideau en se suivant ...)

C'est comme cela qu'on pourra s'en débarrasser !

Petit bruit musical. Rideau

Le canard revient muni d'un vaporisateur.

Coin, coin, coin, coin, j’ai de l'eau  de la vérité limpide,  si j'en attrape un, il y aura droit ...

Le canard s'adresse à un promeneur ...

- CA : Bonjour monsieur quelle belle journée, que faites vous donc  sur la presqu'île ?

- ABOYER (AB) : Oooh j'admire le cadre, quel lieu magique, quel lieu unique et admirable, cette maison est sublime, ces arbres centenaires me laissent sans voix. D'ailleurs, vous pouvez me croire il y 9 ans j'ai demandé aux canards et aux cygnes d'acheter cette belle maison pour la protéger. C’était indispensable !

- CA : (incrédule) - Ah oui pour la protéger ? Tiens tiens !

- AB : Mais oui, un lieu exceptionnel comme celui-ci doit être protégé de tous les prédateurs qui courent et il y en a, croyez-moi !

- CA : Il est bizarre celui-là, je crois que je vais lui filer lui un coup de vaporisateur !

(PCHITTTT PCHITTTT)

- AB : AIEH AIEH que m'arrive t-il ? Je me sens tout bizarre, où suis-je ?

- CA : Mais vous êtes sur ce lieu que vous disiez vouloir protéger !

- AB : Protéger quoi ? Ici il faudra bétonner car voyez-vous je hais les arbres, dès que je les vois je les dévore, nous raserons tout, voila la vérité, cela me fera plusieurs repas.

- CA : Mais quelle idée horrible, mais pourquoi cela ?

- AB : Parce que dans la vie il n'y a d'important  que les affaires, l'argent, le pouvoir, voila ma raison de vivre,  et toi tu n'es qu'un pauvre idiot qui rêve. D'ailleurs il n'y a rien de pire que les poètes, il faut les exterminer.

Ils nous gênent dans nos affaires. Chassons, rasons, exterminons, et remplissons nos caisses avec l'argent des autres...

- CA : (s'adressant à la chouette Adèle) Coin, coin, Adèle, au secours, viens m'aider, j'en ai attrapé un, il est déchaîné, je ne peux pas l'arrêter, vite adèle,  il faut que tu viennes ... comment le calmer ?

- CH : Je ne peux pas t’aider, il y en a un autre que j'essaye d'attraper, il jette les billets de banque en l'air et il crie "encore, encore çà me grise" (et le vent emmène les billets vers le lac. (On voit des billets de Monopoly envoyés plusieurs fois en l’air) .

Plusieurs roulements de tambours

________________________   Annick   ______________________

GUIGNOL - 4 : LA FOLIE DES GRANDEURS

(Les rideaux s'ouvrent sur Maître Aboyer, dans une grande tirade sur ses rêves de grandeur). (Le canard se promène par là).

- CANARD (CA) : Coin, coin, coin, coin, coin,  tiens c'est le bonhomme ABOYER, que fait-il là, on dirait qu'il parle tout seul ?

- ABOYER (AB) : (gesticule)  "AAAh je vois une immense bâtisse qui bombe le torse aux vents du lac. Je vois des espaces de lumières, des salles grandioses, des estrades d'où je pourrai triompher, tiens je mettrai là mon trône ! Je vois la foule... Le monde entier accourir à mes discours, applaudir à tout rompre, fasciné par tant de grandeur et jeter à mes pieds, devinez quoi ....!

Ah taisez vous j’entends déjà le bruit de l'or qui  crépite. (bruitage)

Ah mais non, mais non, c'est cet idiot de Nigaut qui arrive, lui aussi il sent l'odeur des affaires ...

(Nigaut arrive) 

- NIGAUT (NI) : Que dis-tu que dis-tu ? Tu veux expulser les habitants de la presqu'île. Tu sais bien que ces terres sont la propriété de personnes convenables, et que la plus grande partie appartient aux cygnes et aux canards et que tu refuses de leur rendre ...

- AB : Et alors ? Jetons-les dehors, imbécile, et n'oublie pas ta promesse...

- NI : Bien-sûr mon maître, nous  ferons comme vous le désirez. C'est bien facile.

- CA : Coin, coin, coin, que me dit-on, que raconte-t-on, il parait que vous voulez raser tous les arbres ?

- AB : Bien sûr il faut les raser. Rasons, rasons, il le faut, et qu'est-ce que c’est qu'un arbre ? En quoi cela rapporte quoique ce soit ? Tandis que mon palais sera le centre du monde, et les meilleures affaires s’y feront !

Tiens bois à ma santé, en attendant, méprisable crétin, et réjouis-toi... tu auras bien les restes ...

- CA : (avec une voix tremblante) Les restes de quoi ? Tout ce que j'aime sera détruit ...

(Chœur de pleurs derrière le rideau qui tombe)

_________________________   Annick  ____________________________

GUIGNOL - 3 : LE DEAL

Aboyer rentre en scène avec une voix mielleuse

  • ABOYER (AB) : Nigaut, Nigaut, où es-tu mon ami ?
  • NIGAUT (NI) : J’arrive, maître Aboyer.
  • AB : (Il change de ton !) Ah te voila ! (il sort un bâton et lui tape sur la tête !!) Tiens prends-çà ! Et mets-toi bien çà dans le crâne, il me faut mon palais sur la presqu'île, les pieds dans l'eau "et tu vas dire oui à tout ".
  • NI : Mais bien-sûr, mais bien sûr mon maître, mais....
  • AB : Mais quoi, parle bourrique !
  • NI : (voix tremblante) Il me faudrait bien une petite compensation, ooooh pas grand chose...
  • AB : "Tu oses !!", prends-çà encore. (De nouveau le maître tape sur la tête de Nigaud).
  • NI : (voix tremblante) Mais tu pourras aussi en tirer des honneurs ...
  • AB : Ah bon, que dis-tu ? De quoi s’agit-il ?
  • NI : Ecoute, moi aussi j’ai un projet, et de belle nature, j’ai besoin d’un Bon lieu pour agrandir mon palais… et d’une petite augmentation mensuelle de… mettons heu, dans un premier temps, 2000 €.
  • AB : Et tu feras tout ce que je dis ?
  • NI : Mais bien sûr mon maître... 

Nigaud parle à l'oreille de l’autre, on entend "psspsspsss" et les deux quittent la scène.

________________________     Annick     ________________________

Guignol joue

2 : LE PORTRAIT CHINOIS

Guignol pêche au bord du lac.

- CANARD (CA) : Bonjour Guignol.

- GUIGNOL (GU) : Bonjour Canard, on joue ?

- CA : Oui, à quoi ?

- GU : Au portrait chinois… Ca y est, j’ai un personnage.

- CA : Un animal ?

- GU : Ce serait un bouledogue, il ne fait qu’aboyer !

- CA : Et si c’était une plante ?

- GU : Ce serait un arbre… Abattu !

- CA : Et si c’était une plage ?

- GU : Ce serait une dalle de béton !

- CA : Et si c’était une construction ?

- GU : Ce serait un PALAIS DES CONGRES !

- CA : Et s’il y avait un chien, ce serait quoi ?

- GU : Ce serait un toutou, toutounet, il s’appellerait NIGAUT.

- CA : Je ne trouve pas, je donne ma langue au chat.

- GU : Ne me parles pas de chat, il m’a mangé tous les poissons.

- CA : C’est qui ? Je ne trouve pas !!!

- GU : Y’A RIEN A TROUVER. IL A DÉJÀ TOUT MASSACRE !!

______________________   Hubert    ________________________

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Josie François                                                         Seynod, le 22/02/2016

Aux commissaires-enquêteurs de la DUP pour le Centre de congrès

                    Madame et messieurs les enquêteurs,

 

Ayant déjà produit quelques contributions par thèmes, je souhaite, à la fin de cette enquête, vous faire part de mon avis sur deux sujets bien différents :

La chronologie précipitée de plusieurs procédures :

    Alors que le PLU d'Annecy-le-Vieux a été partiellement rejeté, entre-autre, pour un zonage non conforme à la loi Littoral (extension non limitée d'un espace proche du rivage),

    Alors que dans le jugement du SCOT, celui-ci est approuvé par le TA, mais avec la précision que cela n'exonère pas les PLU de respecter la loi,

     Alors que des appels contre le PLU d'ALV et le SCOT ne sont pas terminés,

     Alors que figure dans le dossier d'enquête la précision : "la DUP emporte la mise en compatibilité des PLU et du SCOT..." (espoir de pouvoir contourner la loi ?),

Alors que la loi doit s’appliquer dans tous les documents d’urbanisme du territoire français, et qu’il est dit, dans le SCOT, que celui-ci respecte loi,

     Alors que la simple logique et le respect de l'avis de la population voudraient que la C2A attende les conclusions des recours avant de lancer la DUP, comme si celle-ci devait forcément être approuvée, et méritait d'engager les dépenses publiques supplémentaires qu'entraîne une telle enquête publique,

Je m’étonne que le lancement de la DUP ait été précipité, occasionnant ainsi un empilement de procédures coûteuses, dont certaines sont encore l’objet d’appels  en cours, avant d’en connaître le résultat.

Les promesses de créations d’emplois :

Le nombre de créations d’emplois annoncés publiquement à de nombreuses occasions par la C2A, diffère de plusieurs évaluations très « élastiques » avancées par les différents cabinets d’experts, auxquels elle se réfère dans le dossier d’enquête.

Même en supposant que ce nouveau centre de congrès créerait de nouveaux emplois, et serait bien placé au niveau de la concurrence (ce que le dossier ne démontre pas dans le contexte actuel), quel que soit le nombre avancé, on doit tenir compte des difficultés rencontrées aujourd’hui par le marché des centres de congrès.

Que ce soit :

  • au niveau des structures évènementielles existant dans l’agglomération d’Annecy : Bonlieu à Annecy, Espace-Rencontre à Annecy-le-Vieux,  Périaz à Seynod, le Météore à Meythet, Salle Météore,
  • au niveau des centres de congrès de la Haute-Savoie,
  • au niveau d’établissements de départements voisins (de Lyon, d’Aix-les-Bains, de Grenoble, etc…)

Nul doute, certains ayant déjà des difficultés à être rentables, qu’ils subiraient des pertes d’emplois liées à cette nouvelle construction, dans ce marché « très concurrentiel ».

Aucune étude réelle de l’impact sur l’emploi à une échelle élargie n’a été réalisée dans le dossier d’enquête.

Il me semble que l’« utilité publique » ne devrait pas être considérée seulement à une échelle très locale, alors que les créations d’emplois envisagées par la C2A, si elles se réalisaient, seraient en grande partie des « délocalisations » au sein du territoire du Nord de Rhône-Alpes.

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Monsieur le Président de la commission d’enquête publique,

C’est en tant que « citoyenne » et « contribuable » que je m’adresse à vous, dans le cadre de l’enquête publique concernant l’implantation d’un nouveau Centre de Congrès sur la presqu’île d’Albigny sur les communes d’Annecy et Annecy le Vieux.

A la lecture du dossier d’enquête d’utilité publique, ce projet ne peut justifier ni d’une utilité publique, ni d’un intérêt général pour les motifs exposés ci-après.

LA MESURE DE L’UTILITE PUBLIQUE D’UN PROJET EN DROIT

  • Selon le guide de l’expropriation édité en aout 2015 par le ministère de l’Intérieur - Direction générale des collectivités locales

« Pour apprécier l’utilité publique d’un projet, il vous est notamment possible de vous appuyer sur l’avis du commissaire enquêteur et ses éventuelles réserves. Il vous appartient surtout d’examiner attentivement les motifs et le but poursuivi par l’expropriant.

Sur la notion d’utilité publique, le législateur considère qu’un certain nombre de buts poursuivis par l'administration présentent un caractère d'utilité publique. En dehors de ces hypothèses, c'est au juge qu'il revient de définir cette notion.

L’appréciation de l’utilité publique d’un projet se fait au cas par cas et repose sur trois critères principaux que le juge, en cas de recours, examinera afin d’exercer son contrôle :

- l’opportunité du projet : Le projet envisagé doit être justifié et répondre à une situation de fait. Des données chiffrées objectives seront souvent nécessaires pour apprécier l’opportunité de l’opération.

En outre, avant de décider, l’administration doit examiner l’intérêt de la solution consistant à améliorer l’existant et à ne rien entreprendre de nouveau.

- la nécessité de l’expropriation : tout projet d’aménagement ou de construction ne nécessite pas obligatoirement le recours à la procédure d’expropriation. Celle-ci n’est nécessaire que lorsque le maître d’ouvrage ne dispose pas des terrains nécessaires à la réalisation de son projet et qu’il n’a pas la possibilité d’acheter ces terrains à l’amiable dans des délais rapprochés.

Le juge administratif vérifie qu'il n'existe pas de solutions alternatives à l'expropriation permettant de réaliser l'opération projetée dans des “conditions équivalentes” au regard des intérêts mis en avant par l’expropriant.

- le bilan coût/ avantages : L’intérêt de l’opération projetée doit l’emporter sur les inconvénients.

Pour apprécier l’utilité publique du projet, le juge met toujours en balance son intérêt avec les inconvénients qu’il présente. En d’autres termes, il s’agit de vérifier s’il existe un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but poursuivi.

Il vous revient donc de procéder à un examen attentif et approfondi des circonstances de l’espèce afin que la déclaration d’utilité publique réponde à son objectif, celui de reconnaître l’opportunité et la légitimité d’un projet.

Cet examen s’accompagnera d’un contrôle de la légalité externe dont les éléments sont détaillés dans le présent guide. » 

  • Selon les décisions du Conseil d’Etat

Le projet est déclaré d’utilité publique :

  • si les atteintes à la propriété privée, le coût financier et éventuellement les inconvénients d’ordre social ou l’atteinte à d’autres intérêts publics qu’elle comporte ne sont pas excessifs eu égard à l’intérêt qu’elle présente ;
  • si le projet répond à une finalité d’intérêt général ;
  • si l’expropriant n’était pas en mesure de réaliser l’opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l’expropriation, notamment en utilisant des biens se trouvant dans son patrimoine ;

ANALYSE DU DOSSIER D’UTILITE PUBLIQUE

1. SUR L’OPPORTUNITE DU PROJET ET SON INTERET GENERAL

La justification de l’utilité publique du projet est présentée en ces termes au § 2.2 JUSTIFICATION DE L’UTILITE PUBLIQUE DU PROJET page 24 - 25 de la pièce F.

« L'utilité publique du projet se décline ainsi selon trois axes :

- Le projet constitue la première étape dans la valorisation de la presqu'île avec l'objectif d'une "vitrine paysagère internationale". Associant l'architecture et le paysage, ce projet s'intègre en douceur, tel un morceau de paysage permettant d'unifier ce morceau de territoire et renforçant le caractère paysager et récréatif de la presqu'île.

- Le projet offre un lieu appropriable par l'ensemble de la population, en proposant des espaces publics ouverts et de qualité.

- Le bâtiment constitue un équipement structurant à l'échelle du territoire, venant compléter et renforcer l'offre pour les activités de tourisme d'affaire. Il permet de positionner Annecy et son agglomération sur la carte des destinations de Congrès, développant une réelle opportunité en termes d'image, d'emploi et de retombées économiques. A partir d'une architecture singulière et audacieuse, le projet se veut un bâtiment emblématique pour la ville et un outil fonctionnel efficace pour l'organisation de congrès et d'évènement »

Sur ces 3 axes, seuls 2 peuvent répondre à l’intérêt général car « une vitrine paysagère » n’est pas en soi d’intérêt général, et ce motif ne pourra donc être retenu :

  • Espaces ouverts au public,
  • Les retombés financiers.

1.1. Espaces ouverts au public

Il est précisé en page 30 de la pièce F « Actuellement, la presqu'île n'est pas entièrement publique d’un point de vue foncier : sur les 97 300 m² de la presqu'île, environ 12 500 m² ne sont pas accessibles au public. »

Ce qui signifie qu’actuellement plus de 87% du foncier est ouvert au public !

Si la commune d’Annecy-le-Vieux n’avait pas volontairement fermé au public les parcelles n° 58 et 262, qu’elle a pourtant acquis avec l’argent du citoyen contribuable, ce taux serait encore supérieur.

Que restera t-il après la construction du Centre d'expositions, de Séminaires et de Congres ? 4 % ouvert au public !

Ceci est démontré en page 53 de la pièce F qui confirme que les espaces publiques se limitent à « un parc public et une promenade de ± 4 000 m², intéressants pour les activités professionnelles et la population locale. »

Les plans du projet page 54 et 107 corroborent ce fait : le bâtiment occupe tout l’espace et la plupart des « espaces publics » sont sur le toit végétalisé ! 10 000 m² de béton comme « élément paysager » !!!

De plus la visibilité sur le lac sera totalement obstruée par un mur, certes peut être végétalisé ! mais de plus de 12 m de haut (soit l’équivalent d’un immeuble de 4 étages) sur environ 150 m de long.

1.2. Les retombées financières

En page 19 de la pièce F, une présentation des retombées économiques laisse croire à la création de 900 emplois. C’est d’ailleurs ce qui a été affiché lors de l’exposition du projet au public.

Cette affirmation est erronée.

Il convient de se reporter à la fin de la pièce F, à la page 36 de l’étude commerciale réalisée en mars 2007 par KANOPPE pour le projet de centre d’expositions de congrès et de séminaires.

« § 3.6 – Les retombées socio-économiques sur l’agglomération :

LES RETOMBEES ECONOMIQUES INDUITES (effet multiplicateur des flux monétaires directs et indirects) :

Le coefficient multiplicateur communément appliqué est de 1.5.

  • 9,5 millions d’€ multipliés par 1.5 = ± 14 millions d’euros.

L’IMPACT SOCIAL (en nombre d’emplois) :

A la création et au maintien des emplois impliqués par le bon fonctionnement de l’équipement, d’autres emplois résultants des sommes injectées dans l’économie locale vont être créés. Méthode de calcul France Congrès : Impact économique direct (prestations sous-traitées + charges de fonctionnement de l’équipement) auquel on soustrait 15% au titre de la fiscalité locale (taxe professionnelle, taxe foncière, etc.), auxquels on ajoute l’impact économique indirect (dépenses des congressistes) que l’on multiplie par un coefficient de 0.5 et que l’on divise par 20 000 € (moyenne annuelle des salaires nets par employé-données INSSE)

Soit Impact social - hypothèse haute : (((5,6 M d’€-15%) + 14 M d’€)*0.5) / 20 000 = 440 emplois. »

Aucune étude n’a été actualisée sur le potentiel des Centres des Congrès aujourd’hui.

2. LA NECESSITE DE L’EXPROPRIATION

La comparaison entre le site du Terrain Balleydier et le site de l’Impérial en page 29 de la pièce F est totalement subjective et, de ce fait, manque d’objectivité. En veut pour preuve les « omissions » dans la présentation du comparatif :

Compléments à apporter au tableau présenté en page 29

Témoignages

A la page 28 et suivantes de la pièce F il est précisé que « Différents sites ont été sérieusement étudiés : la presqu’île d’Albigny, le terrain Balleydier (Annecy), un site aux Glaisins (Annecy-le-Vieux) et un autre site à Seynod. ».

Hormis le terrain Balleydier, aucune information n’est donnée pour les autres sites.

Le terrain appartenant à la mairie d’Annecy-le-Vieux, qui ne nécessite aucune expropriation, et qui se situe à proximité immédiate de la presqu’ile, proche de l’Impérial Palace, face au lac, de l’autre côté de la route n’a jamais été étudié.

La nécessité d’exproprier n’est pas démontrée.

3. LE BILAN COUT / AVANTAGES

3.1. Le coût

Le cout annoncé est manifestement SOUS ESTIME.

  • Les acquisitions foncières

Il est précisé à la page 114 de la pièce F : « La mairie d’Annecy-le-Vieux mettra également à disposition les terrains possédés pour le projet. Ces terrains sont valorisés à environ 2 millions d’euros.». Or, la seule propriété « villa le Sud » dite « villa Abeille » cadastrée section AP n° 58 et 262 a été acquise par la commune d’Annecy le Vieux pour 4 millions d’euros suivant acte du 20 décembre 2006 que j’ai vérifié. En droit privé, nous appelons cela de l’ABUS DE BIEN SOCIAL et cette infraction est passible de sanctions pénales.

Il convient de mettre les VRAIS valeurs dans le bilan de l’opération !

  • Le cout des travaux bâtiment

Annoncé pour un cout de 30 millions d’euros lors du Conseil communautaire du 28 mars 2013, le cout est maintenant de 35 millions d’euros, soit 15% d’augmentation en 2 ans et sans connaitre le cout réel au moment de l’appel d’offre. La proximité du lac et l’incidence des fondations ont-elles été réellement appréhendées ?

Le Centre des Congrès sera t-il sous estimé à l’image de la rénovation du Centre Bonlieu. En effet, pour un cout annoncé de 10 M€ HT, le cout final de ces travaux est de 19,46 M€ HT, soit un dépassement de 95% du projet initial.

Le manque de transparence est flagrant car, à aucun moment, malgré les 1 000 pages d’explication, le cout global de l’opération (expropriation, étude, maîtrise d’œuvre, bâtiment, aménagements extérieurs, aménagement intérieur) est mentionné.

  • Le cout des aménagements intérieurs n’est pas prévu

Le cout des aménagements intérieurs du bâtiment n’est pas pris en compte tels que mobilier, décoration, aménagement des salles, …..

Quelles dépenses pour aménager 9 800 m² de locaux !!!

  • Le cout de fonctionnement n’est pas appréhendé

Quel sera le cout de fonctionnement qui sera supporté « à vie » par le contribuable ?

3.2 Avantages

Les seuls avantages présentés sont :

  • Les retombées économiques : comme indiqué ci-avant, les chiffres avancés sont totalement aléatoires,
  • « Garder une complémentarité avec les infrastructures existantes (page 30 de la pièce F)

Ainsi, dans une logique de complémentarité et de création d'un pôle "Tourisme d'Affaires", il est pertinent d'adosser le nouvel équipement public envisagé aux infrastructures existantes afin de créer une véritable synergie entre l’Impérial et le CESC et disposer ainsi d’une offre qualitative complémentaire et diversifiée. »

L’intérêt général est-il de favoriser les intérêts privés de l’Impérial ?

Cela semble être le cas à la lecture du rapport d’observations définitives du 27.01.2016 de la Chambre Régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes à propos de la gestion de la Communauté d'agglomération d'Annecy :

...... "La C2A a délégué la gestion de deux services publics emblématiques, le centre des congrès et les transports urbains, dans des conditions juridiquement fragiles. Les appels d’offres ont été réalisés dans des conditions impropres à une mise en concurrence effective privilégiant ainsi les exploitants historiques, la société Imperial Palace et la SIBRA. Celles-ci ont en outre bénéficié de clauses financières favorables telles que l’absence de redevance autre que symbolique à verser ou la prise en charge du risque d’exploitation par la collectivité."

Des questions restent en suspend :

  • La partie Centre des Congrès existant à l’Impérial va-t-il subsister ?
  • La subvention récurrente que reçoit l’Impérial pour la partie centre des congrès qui est à priori déficitaire sera-t-elle maintenue ?

CONCLUSIONS

L’intérêt général est-il de mobiliser plus de 55 millions d’euros, et certainement bien davantage au terme de cette opération, auquel il faudra ajouter les couts de fonctionnement, à la charge du contribuable, pour un Centre de Congrès qui va apporter des retombées économiques hypothétiques,

Alors que comme l’affirme un élu du conseil départemental, « la C2A n'a plus la possibilité de dépenser les 80 millions d'euros prévus pour financer les accès au tunnel routier sous le SEMNOZ. L'agglo va se retrouver dans une situation budgétaire qui va la contraindre à réduire son programme d'investissement par deux ou par trois compte-tenu des restrictions de dotation budgétaire certaines qu'elle va subir. »,

Alors que ce projet se fera au détriment d’autres investissements vraiment d’intérêt général comme les transports, les équipements pour l’accueil des enfants, des personnes âgées, … 

Alors que des sites permettent la réalisation de ce projet sans expropriation,

Alors que la ville d’Annecy manque de parkings comme le rappel l’article de l’Essor Savoyard du 4 février 2016, et que la construction du Centre des Congrès va induire un accroissement de la demande, et qu’aucun stationnement n’est prévu dans le projet, bien davantage, il va en supprimer,

Alors que ce projet se fait au détriment des espaces publics et de l’environnement.

Irène MENALDO  -  ANNECY

_____________________________________________________________

Avis N°1 de RG sur le Dossier d’Enquête Publique relatif au CESC d’Annecy implanté à cet endroit sur la presqu’île d’Albigny.

I/ En préambule, il est remarqué que le projet qui est la base du Dossier d’Enquête Publique qui a été approuvé par la C2A le 9/04/2015, n’est pas conforme en de nombreux points au programme technique détaillé du cahier des charges du concours international d’architectes reflétant pourtant bien les principes annoncés à la population lors des réunions en 2012.

Déjà en 2012, l’intérêt d’un tel projet à cet endroit consistant à améliorer l’existant n’était pas démontré. Aujourd’hui, avec le nouveau projet de l’architecte SNOHETTA,  non seulement l’intérêt n’existe pas, mais le projet détériore le site actuel.

Ci-après 10 points significatifs de non conformité :

1 /  la surface utile de la construction projetée est passée de 8215m² (y compris les circulations) à 9860m² représentant une augmentation de 17,2%.

2 /  l’emprise totale de la construction dite partie émergée (partie au-dessus du terrain naturel) était fixée en 2012 à 3000m² (et au concours d’architectes jusqu’à 3500m²). Avec le projet arrêté, cette emprise totale au dessus du terrain naturel  passe au moins à 8400m² environ, représentant une augmentation importante de 180%.

3 /  pour les parties enfouies de la construction, le bâtiment a été annoncé dès 2012 enfoui aux 2/3. Or, la lecture du projet fait apparaître un bâtiment enfoui seulement à 20%, car comme il se doit, toutes les salles ayant leurs plafonds au dessus du niveau naturel ne sont pas enfouies.

4 /  la hauteur maximum de la construction dans les pièces du concours a été précisée à 8 m. Or, le projet donne une hauteur du bâtiment au point culminant (côte 460,00 NGF) à 12,30m.

5 /  la distance entre la construction envisagée et le bâtiment Impérial Palace (angle Nord Est) était dans les pièces du concours au minimum de 30m afin d’assurer « la constitution d’un corridor visuel d’une largeur minimum de 30m permettant de voir le lac depuis la zone d’arrivée sur la presqu’île ». Or, le parvis étant à une hauteur de 1,75m, et en tenant compte des végétaux le long de la rue, le projet réduit la valeur à 7m environ supprimant de fait le corridor visuel. 

6 /  le parc annoncé de 9000m² ouvert à tous est réduit à 3000m² environ (2384m² pour le parc des rives et éventuellement 604m² le long de l’avenue de la Maveria).

7 /  la conservation des arbres existants était exigée sur une largeur de 44m depuis le rivage. Or, le projet abat 21 arbres pour n’en conserver que 2 seulement.

8 /  pour le stationnement, le cahier des charges du concours prévoyait « la nécessité de maintien de la capacité actuelle de stationnement de 298 places de la presqu’île d’Albigny ». Or, le projet du CESC supprime définitivement 96 places de stationnement des parkings du parc Charles BOSSON. Sur les 334 places réelles, il ne restera que 238 places qui seront prises par les exposants (pouvant aller jusqu’à 140 places), et le reste par les congressistes. Où iront stationner les usagers habituels d’aujourd’hui ?

9 /  l’estimation des travaux de la construction projetée initialement était de 32 M€HT (valeur de base 2012). Elle passe à 37,964 M€HT (soit une augmentation de 18,63%).

 10 /  l’augmentation des honoraires de l’équipe de maîtrise d’œuvre pour travaux supplémentaires est encadrée dans le Cahier des Clauses Administratives Particulières (CCAP) du concours de maîtrise d’œuvre avec une application d’un  coefficient de 0,8 sur le taux de rémunération. Or, ce coefficient est passé à 0,9 dans le marché de maîtrise d’œuvre favorisant ainsi l’architecte retenu.

Par conséquent, par le non respect des engagements pris en 2012 dès la 1ère réunion de janvier, dans toute la presse, et le non respect du Cahier des Charges du concours, tous les habitants de l’agglomération d’Annecy ont été trompés. Il apparaît alors un préjudice grave dans la vie démocratique de nos 13 communes de la C2A.

Dès à présent, il apparaît un doute sérieux sur l’honnêteté de cette affaire.

Le projet implanté dans la presqu’île apparaît avec de multiples inconvénients.

II/ Il existe une zone homogène paysagère de l’ensemble des bords du lac sur les 2 communes d’Annecy et d’Annecy-le-Vieux de plus de 4,5 km entre le lac et la route.

Cet espace est connu de toute la population annécienne et des touristes venant à Annecy. Cet espace avec le lac et les montagnes environnantes, constitue un patrimoine naturel, paysager et environnemental exceptionnel.

Cette zone paysagère est ouverte aux piétons, à leur promenade, à leur détente, suite à des démolitions successives au cours des années d’anciens bâtiments non intéressants et non représentatifs du patrimoine architectural, sans constructions nouvelles autre que celles de faible volumétrie nécessaires aux activités nautiques.

D’ailleurs, depuis 150 ans, de nombreux projets ont été avortés (sur le Pâquier, Jardins de l’Europe) et des bâtiments démolis (par exemple Villa Schmit, théâtre, etc…) aux abords du lac permettant d’aménager les espaces en pelouse pour le bonheur de la population et la valorisation générale du site annécien.

Le site de la presqu’île fait partie intégrante de l’ensemble de la zone des bords du lac comme indiqué d’ailleurs aux pages 192 et 273 de la pièce E.

Le site ne peut être que sauvegardé avec un aménagement naturel.

Dans ce contexte, il est inconcevable d’imaginer une énorme construction qui sera définitive.

L’utilité publique de ce site est d’être un espace paysager naturel environnemental.

III/ la loi littoral n’est tout simplement pas respectée.

Le projet du CESC de 8400m² d’emprise au sol total se situe dans un espace proche des rives du lac à 20 m du lac au plus près et jusqu’à 170m au plus loin. Il est dans une zone homogène comprise entre le lac et la route de plus de 4,5 km au taux d’urbanisation quasiment nul.

Dans ce contexte général, il est impossible d’accepter un coefficient d’urbanisation des lieux de 740% passant l’emprise au sol bâti de 1000m² à 8400m².

Faute de quoi, la loi littoral n’aurait en France plus de sens.

IV/  le périmètre de l’AVAP sur la commune d’Annecy (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) et l’Avant Projet Détaillé (APD) de l’architecte non-conforme.

Dans l’AVAP, il est prévu notamment de sauvegarder le paysage, espace et jardin existant le long de l’allée de l’Impérial sur le territoire d’Annecy (p 42 pièce H du dossier). Et les enjeux et la priorité sont rappelés p 287 de la pièce H. Ce n’est pas rien.

Ce périmètre a été approuvé en toute connaissance de cause par la commune d’Annecy le 16/12/2013 (p 287 pièce E).

Or, à cette date, l’avant projet détaillé (APD) de l’architecte était déjà parfaitement connu du Président de C2A (Maire d’Annecy), des élus, des responsables et de la population. En effet, l’avant projet sommaire (APS) avait été présenté à la population au cours d’une réunion publique du 15/04/2013 et avait été approuvé au cours de l’année 2013 (le 28/03 et le 12/07).

Ainsi, fin 2013, en signant le périmètre de l’AVAP, la ville d’Annecy avait exprimé sa volonté de ne pas avoir de construction dans la partie de la presqu’île située sur la commune d’Annecy. L’APD en 2015 se devait de suivre cette volonté de la ville et les prescriptions de l’AVAP. Et, ce n’est pas le cas.

L’APD n’est pas conforme.

Vouloir, seulement 2 ans après la décision de la ville d’Annecy, modifier le périmètre de l’AVAP pour permettre la réalisation du  projet SNOHETTA non conforme, c’est quelque part se moquer du monde.

Il s’agit d’une erreur manifeste grave de la part de la C2A.

V/ L’avenir de toute la baie d’Albigny à l’horizon 2030 est défini par le plan p7 du dossier C de présentation du projet du gros Dossier d’Enquête Publique de 1300 pages.

Ce plan lui aussi prévoit la sauvegarde de l’espace entre lac et route, et même au-delà de la route. Il prévoit les principes de son aménagement aboutissant à un environnement le plus naturel possible. Il en est de même évidemment pour le site de la presqu’île sur lequel le projet du CESC est  schématisé comme totalement enterré, contrairement au projet actuel.

Dans le cadre de ce plan horizon 2030, le projet n’est donc pas d’Utilité Publique dans la presqu’île.

VI/  Le projet et ses emprises au sol.

Au chapitre I.2, il a été précisé que l’emprise totale de la construction projetée au-dessus du terrain naturel est au minimum de 8400m².  Elle occupera les 81% de la surface des terrains aujourd’hui non accessibles au public (10300m² comme indiqué ci-après même chapitre), c'est-à-dire proche de la totalité.

Où est le gain de la création d’espace public ?

A ce stade de la réflexion, l’emprise de la construction supprime 8400m² de surface qui pourrait être affectée à des espaces de pelouse réellement ouverts au public nuit et jour et toute l’année.

L’utilité publique du projet en tant que création d’espace public, d’espace ouvert réellement à tous, n’existe pas.

Et pire, le projet supprime des milliers de m² d’espaces paysagers naturels.

Le projet crée de nombreux inconvénients environnementaux par rapport au paysage naturel.

De plus, les valeurs précisées ci-dessus n’apparaissent pas dans le Dossier d’Enquête Publique. Il a fallu les calculer à partir d’une part du cadastre et d’autre part d’éléments trouvés dans le Dossier d’Enquête Publique. De plus, la surface des terrains actuellement non accessibles au public est annoncée de 12463m² (p 22 pièce C). Après vérification, en utilisant d’une part le cadastre et d’autre part l’enquête parcellaire (pièce G), elle est de 10300m². De plus, l’adresse de la parcelle AP283 semble fausse.

Avec ces manquements, il n’est pas possible de faire confiance aux conclusions que le dossier veut faire accepter au public.

VII/   le projet et ses enfouissements.

Ce point a été abordé au chapitre I.3. Seuls 20% sont enfouis au lieu des 66% annoncés en 2012 et dans l’exposition de C2A de l’APD de l’architecte (p 26 pièce C et tableau d’APD de répartition des surfaces des locaux).

Le Dossier d’Enquête Publique utilise une méthode de calcul très contestable pour définir l’enfouissement afin d’essayer de respecter l’engagement initial des 2/3 et laisser croire à un faible impact du CESC.

Où est le sérieux de la réflexion ? Où sont la confiance et l’honnêteté.

VIII/  le projet et sa hauteur

Ce point a été abordé au chapitre I.4. La hauteur de 12,30m n’est pas indiquée dans les différents dossiers de l’enquête publique ni dans l’avant projet définitif de l’architecte. Il a fallu la calculer à partir de valeurs NGF qu’il a été nécessaire de trouver dans tout le gros dossier !

Pourquoi ne pas préciser clairement cette hauteur ? Surtout quand on sait qu’elle devra être indiquée clairement et obligatoirement sur le panneau d’affichage du permis de construire.

Il apparaît une volonté de cacher les choses.

Peut-être parce que, comme indiqué à la page 44 de la pièce F, « la hauteur du bâtiment ne devra pas dépasser 2 niveaux », ce qui correspondait d’ailleurs aux 8 m imposés  dans le programme technique détaillé du concours d’architecte.

Il y a une non-conformité flagrante.

IX/ le projet et le stationnement  

En complément du chapitre I.8, il est donné les éléments suivants :

IX.1 / le besoin de stationnement est clairement défini dans le Dossier F de Déclaration d’Utilité Publique et il est chiffré à 1052 places (non compris celles du personnel) pour une manifestation de 2500 personnes (p 20 et 21 du dossier étude d’impact pièce E).

Ramené à des manifestations de 800 personnes telles que annoncées, le besoin est d’environ 400 voitures quelles que soient les dispositions prises par ailleurs pour en diminuer le nombre.

Ainsi, ne pas réaliser les places de stationnement nécessaires aux besoins de la construction projetée d’intérêt collectif, (à caractère commercial), c’est « s’accaparer » des places publiques pour des besoins privés, au détriment évidemment de la population.

IX.2 /  Ainsi, c’est une atteinte au principe d’égalité devant le service publique que de transformer en un usage privatif temporaire ou définitif les parkings publics existants environnants (comme par exemple les  2  parkings de la presqu’île, le petit et le grand, les parkings Ste Bernadette)

IX.3 /  une erreur flagrante apparaît dans le dossier. Il est utilisé une étude de 2009 (pièce E - p 21 et p 254) dépassée et fausse qui prétend à tort que les parkings environnants sont sous utilisés pour justifier leur mise à disposition aux besoins du CESC (établissement à caractère commercial).

Des comptages actuels, y compris d’huissier, prouvent le contraire surtout pour les parkings de la presqu’île.

Pour 41 comptages effectués l’après midi entre juin 2012 et décembre 2015 hors saisons d’été et fêtes de fin d’année, les taux d’occupation maximums suivant les parkings sont de 2,6 à 6 fois supérieurs à ceux annoncés dans l’étude de 2009 :

- pour les 304 places des parkings de la presqu’île, le taux est 2,6 fois supérieur à celui annoncé dans l’étude de 2009. Il varie de 0,48 à 1,16 avec une moyenne de 0,85. L’étude de 2009 annonçait un maximum d’occupation de 0,44 environ.

- pour les 158 places des parkings Sainte Bernadette, le taux est 3 fois supérieur à celui annoncé dans l’étude de 2009. Il varie de 0,27 à 1,23 avec une moyenne de 0,80. L’étude de 2009 annonçait un maximum d’occupation de 0,41 environ.

- pour les 366 places des parkings de la zone dite des platanes, le taux est 5 à 6 fois (avec 2 pointes exceptionnelles à 14 fois) supérieur à celui annoncé dans l’étude de 2009. Il varie de 0,12 à 1,19 avec une moyenne de 0,40. L’étude de 2009 annonçait un maximum d’occupation de 0,08 environ.

Le projet par la problématique du stationnement crée un inconvénient majeur dans la presqu’île et même dans tout le quartier. Il est à l’opposé de l’utilité publique.

IX.4 /  le dossier est aussi incomplet

Absolument rien n’est analysé, rien n’est dit quant au stationnement futur des usagers d’aujourd’hui qui remplissent souvent quasiment totalement ces parkings.

Le stationnement des véhicules des personnels n’est même pas évoqué.

Le stationnement des 2 roues motorisés et non motorisés est inexistant, pourtant tout au long du dossier, le transport par vélos est mis en avant.

Le stationnement des poids lourds des expositions entre leur arrivée et leur départ n’est pas non analysé

X /  le projet et les fausses justifications de son utilité publique à cet endroit

X.1 /  des photos montages vues en plan du projet sont trompeuses (p 88 et p 89 étude d’impact).

Les parties végétalisées de la toiture « en vert » laissent imaginer que l’on peut s’y promener comme sur les pelouses. Il n’en est rien. Elles sont clôturées par des barrières, comme indiqué dans l’APD.

Le cheminement piéton de la toiture d’accès au belvédère laisse imaginer qu’il est accessible nuit et jour toute l’année comme les chemins traditionnels. Or, il n’en est rien, « il est fermé la nuit et les jours aux conditions météorologiques dures » (p 91-pièce F).

Le parvis, très artificiel, est d’abord l’accès à l’accueil du CESC. Il sera naturellement encombré par les congressistes. Il n’est pas un chemin naturel pour les promeneurs et la population.

Le projet est très loin d’un espace totalement ouvert au public.

X.2 /  le choix du site a fait suite à une étude de Ract Madoux portant sur seulement 2 sites (Balladier et la presqu’île). Il existe bien d’autres sites.

Le dossier de déclaration d’utilité publique pièce F précise en page 30 que le site de la presqu’île représente l’image la plus véhiculée dans le monde. C’est donc bien pour cela qu’il faut conserver le site pour les années à venir en ne le défigurant pas avec un quelconque projet de construction.

On ne doit pas sacrifier un tel site emblématique pour tenter d’assurer une réussite économique d’un établissement à caractère commercial.

Une remarque s’impose : pour un tel projet aussi important d’une emprise au sol totale de plus de 8400m² auxquels s’ajoutent les espaces nécessaires à tous les modes de déplacements, la surface disponible dans la presqu’île est nettement insuffisante. La recherche d’un autre site apparaît nécessaire.

XI /  le projet et l’échappée visuelle comme autre fausse justification d’utilité publique du projet.

Compte tenu de la hauteur du parvis à 1,75m au dessus du terrain naturel au rond point allée de l’Impérial, le projet n’offre pas de perspective dégagée vers le lac, n’a aucune échappée visuelle vers le lac depuis l’entrée du site de l’Impérial et des parkings alors que le dossier l’affirme à plusieurs reprises pour essayer de justifier à tort de l’utilité publique du projet. (p 24 - pièce F – qui se trouve être justement la première page du chapitre traitant de la justification de l’utilité publique du projet).

Concernant ce point, l’affirmation est mensongère.

XII /  le projet et les surfaces nouvelles d’espaces accessibles au public

Sur les 10300 m² de surfaces à ce jour non accessible au public, le projet n’apporte une surface nouvelle accessible de seulement au maximum 4000m².

Pour le calcul, il a été tenu compte des surfaces des cheminements piétons et espaces verts accessibles en toiture parvis et en toiture terrasse, du parc des rives, et bien évidemment diminuées des surfaces ouvertes actuellement au public qui disparaissent pour les besoins de la construction.

Dans ces conditions, où est l’utilité publique du projet ?

 XIII /  photos montages trompeuses (p 6 pièce D)

L’auteur de cette page ose reprendre la photo aérienne (qu’il place au centre) de l’ensemble du projet présenté à la population en janvier 2012, entourée de 5 vues photos montage du projet de l’architecte.

La photo centrale de janvier 2012 montre bien la volonté d’avoir un parc pelouse de 9000m² au niveau du terrain naturel, un vrai corridor visuel de 30m de large vers le lac, un seul bâtiment visible de 3000m² sortant de terre (p 26 - pièce C). La présentation faite sur cette page (p 6 pièce D) avec les 5 photos montages du projet est organisée pour laisser croire que le projet répond à ses critères. Or, le projet est le contraire de cela :

Deux vues laissent penser que depuis l’allée de l’Impérial, le lac est visible. C’est inexact. (pas d’échappée visuelle).

Une autre vue montre que la construction avec ses 8400m² d’emprise au sol prend toute une place énorme. Par comparaison, le bâtiment de l’Impérial Palace a une emprise au sol environ 2,5 fois plus petite !

Pour la vue depuis la plage d’Annecy-le-Vieux, pas de remarque,

Pour la dernière vue, il faut monter à 9m pour enfin voir le lac avec une fenêtre de vue de l’ordre seulement de 90° compte tenu du bâtiment de l’Impérial qui gêne et des arbres conservés dans le parc Charles BOSSON et côté plage à l’Est. Et pour arriver à cette fenêtre de vue, il aura fallu arracher 21 arbres sur 23 du parc des rives ! (pièce plan d’installation de chantier)

Où sont l’intérêt et l’utilité publics d’un tel projet implanté dans la presqu’île ?

________________   FIN   __________________

De Didier Paitreault, habitant Seynod  à  Monsieur le commissaire enquêteur

Sur la page 3 du dossier EP, pièce D,

Nous trouvons un plan qui définit le périmètre de la DUP (en rouge), et également, les limites du bâtiment (en bleu).

Témoignages

Neuf pancartes « AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE » sont implantées sur le pourtour du périmètre de la DUP.

 Neuf ? NON, en réalité, seulement sept !

Deux d’entre elles sont disposées au sud de la  « parcelle n° 283, feuille 000 AP 01 » du plan cadastral de la commune d’Annecy-le-Vieux (située au 6, av du petit port), alors que si elles avaient disposées suivant la même logique que les sept autres, elles se trouveraient au nord, auprès de la piste cyclable et des toilettes publiques !

Cette parcelle n° 283, d’une surface de 1555 m2, (partie de la plage publique), est appelée « plage des enfants », car réservée par panneau municipal aux colonies de vacances.

Témoignages

La disposition des panneaux d’avis d’enquête publique donnent à penser que cette parcelle est épargnée par le projet de centre de congrès, alors que le bâtiment se trouverait à seulement quelques décimètres des toilettes publiques. (Quid de leur avenir ?).

Si la disposition de ces deux panneaux n’est pas illégale, elle n’en reste pas moins tendancieuse, voire fallacieuse, pour ne pas dire mensongère.

Témoignages

Beaucoup de nos concitoyens se font manifestement berner par cet affichage trompeur, et c’est, jusqu’à preuve du contraire, le but de la manœuvre.

Je n’arrive pas à comprendre comment à partir de tricheries, de mensonges par omission et autres cachoteries, les promoteurs de ce projet peuvent espérer nous/vous convaincre qu’il est d’utilité publique, alors que leur seule manière de procéder nous prouve qu’ils savent fort bien, comme nous, qu’il n’en est rien !

______________  envoyé par couriel  le 16 février 2016  ______________

 De Monsieur Daniel DEBIOLLES      à     Monsieur le commissaire enquêteur

 

Deux questions essentielles :

- le choix de l’emplacement

- les calculs économiques

Je me contenterai de signaler une question subsidiaire, dictée par l’actualité et non évoquée dans les documents préparatoires, les moyens de sécurisation d’un site grand public, hyper fréquenté, paramètre devenu incontournable.

 

1° Le choix de l’emplacement

Une étude commanditée par la C2A (Cabinet Ract-Madoux 2010) positionne le Centre de Congrès d’Annecy sur le créneau « luxe », à l’image de Deauville et de Cannes, deux équipements situés en bord de mer et entourés de nombreux hôtels 3, 4 et 5 étoiles. (p 10)

Le choix de la presqu’ile d’Albigny, recommandé par cette étude, après que la C2A l’ait déjà décidé, s’appuie sur le fait que l’Impérial est « l’image la plus véhiculée de par le monde concernant Annecy » et que par conséquent être au plus près du lac est incontournable.

Cette assertion est naturellement fausse puisque l’image la plus véhiculée d’Annecy est bien la Vieille Ville, ses canaux et surtout la pointe avancée, telle une étrave, de la petite chapelle des Vieilles Prisons, l’un des monuments les plus photographiés de France.

Les références avancées sont très datées et obsolètes et ne correspondent plus à la situation d’aujourd’hui. Compte tenu de l’enjeu d’une déclaration d’utilité publique il est absolument nécessaire de revoir les critères de base du choix qui a été fait.

Tout d’abord, compte tenu de l’approche de la notion de littoral. Depuis plus d’une vingtaine d’années, il n’est pas du tout certain que des implantations faites en littoral hier (Palais de Cannes, Centre de Congrès de Deauville ou même l’Impérial) le soient aujourd’hui. De plus celles-ci ont été faites sur des espaces bien plus vastes que ce dont dispose Annecy, l’avenue d’Albigny n’étant pas en proportion de la croisette de Cannes, comme du littoral dauvillois.

L’étude méconnait les évolutions importantes en matière de protection des espaces littoraux que de récents exemples illustrent parfaitement : la destruction des constructions sur la pointe du Raz, la reconfiguration totale des abords du site du Mont Saint Michel, la « désurbanisation » de la côte vendéenne, la liaison pédestre cyclo de la Promenade des Anglais à Nice à Cagnes sur Mer, les cheminements côtiers…montrent que la tendance est inversée, ce que ne prennent nullement en compte les études préliminaires de la C2A et en particulier celle citée.

Une tendance profonde, durable et clivante, conduit à une préservation des zones littorales de toutes nouvelles constructions de masse, en dehors même de la loi littoral. De nombreuses collectivités locales ont pris conscience du potentiel touristique extraordinaire que représente un littoral dégagé, et ont intégré dans leurs réflexions et leurs actions les nouvelles tendances d’attraction touristique. Il est nécessaire, avant toute déclaration d’utilité publique » de réintégrer ces nouveaux paradigmes qui se substituent aux anciennes conceptions de construction au plus près du littoral.

 

2° Les estimations des performances économiques

Elles sont essentielles pour effectuer une déclaration d’utilité publique motivée.

Celles-ci sont estimées :

- en nombre de congrès organisés et leurs retombées directes

- en retombées indirectes

- en emplois créés.

Le nombre de manifestations

Aucune méthode de calcul n’existant dans les documents de la C2A, nous les reconstituons à partir des chiffres d’affaire donnés, en prenant les mêmes valeurs que celles de l’étude Ract Madoux à savoir : 210 € par jour par congressiste avec une durée moyenne arrondie à 3 jours par congrès et un nombre moyen de congressistes de 300, soit des retombées globales de 189 000 €/congrès.

Il faudrait 40 congrès de ce type par an pour atteindre les 7,5 millions d’€ annoncés par l’étude Ract-Madoux.

Quant aux chiffres fournis par la C2A (25 millions d’€ de retombées annuelles) ils conduisent à l’organisation de 132 congrès par an !

De nouveaux chiffres ont, depuis ces études et ces déclarations, été avancés : soit 14 Millions d’€ pour les retombées économiques globales avec la création de 440 emplois.

Ce nouveau calcul du « chiffre d’affaires » conduit, selon notre estimation précédente à 74 congrès dans l’année.

Une quarantaine de congrès de 300 personnes semble déjà très surestimée car si l’on enlève les mois de juillet et d’août où toute organisation est impossible (pas de disponibilités, pic de la saison touristique) il reste 44 semaines disponibles, soit 1 congrès par semaine, en comptant les semaines d’hiver ! Quant aux chiffres de la C2A ils conduisent à l’organisation de 2 à 3 congrès par semaine ou équivalent !

Compte tenu du montant de l’investissement et de l’effort qui sera demandé aux contribuables il est absolument nécessaire de se baser sur des hypothèses crédibles. Il est connu aujourd’hui que le marché des congrès, outre d’être hyperconcurrentiel, est en diminution générale : ouverture de plusieurs centres de congrès en France, concurrence d’opérateurs nouveaux (parcs d’attraction, centres de vacances…), baisse des organisations par les entreprises qui restreignent leurs budgets et la disponibilité de leurs collaborateurs, concurrence des moyens de visioconférences.

Alors : 132, 74, 40 congrès ? Comment se prononcer clairement face à une telle variation de calculs ?

Ces éléments sont absents des études préalables commanditées par la C2A et réclament donc un sérieux examen complémenté.

Notons que dans la liste des congrès déjà organisés à Annecy et fournie par la C2A, le principal étant le MIFA, la rencontre « Grand Ski » organisée par la Région et Atout France, n’est pas fixée à Annecy : elle est cette année à Chambéry et se partage entre Annecy, Grenoble, Chambéry et bientôt Clermont Ferrand du fait du regroupement Auvergne-Rhône Alpes. Au mieux ne peut-on compter sur elle qu’une année sur quatre.

Trop d’incertitudes et d’approximations sur cette question conduisent à des investigations bien plus poussées que le peu d’éléments, parfois contradictoires, fourni par les études préalables.

Dans la même veine l’annonce de 900 emplois créés, liés à l’activité du Centre de Congrès ne fait l’objet d’aucune méthode de calcul connue, d’autant plus que l’étude Ract-Madoux en identifie…94 (p 22).

94, 440, 900 emplois ? Là encore le trop grand écart est inquiétant sur le sérieux des bases sur lesquelles une déclaration d’utilité publique doit s’appuyer.

Cette absence dans les documents préalables ne permet pas de juger du sérieux de ces chiffres. L’emploi touristique indirect est déjà difficile à cerner et il serait intéressant de connaître la ou les méthodes retenues qui conduisent à des chiffres aussi contradictoires.

Notons que beaucoup d’estimations se font à partir de ratios et de moyennes : l’exemple est donné par les dépenses d’un congressiste : 340 € sur la Côte d’Azur – en province : 210 € pour un congressiste français et 300 € pour un étranger dont 20% pour le commerce et les loisirs (Ract-Madoux p 20).

Encore faut-il qu’il existe un tissu commercial et hôtelier correspondant aux congressistes « luxe » annoncés par les documents préalables. C’est sans doute le cas à Cannes, Nice ou Deauville, mais pas à Annecy et Annecy le Vieux carencés en commerces et en hôtels de luxe, notamment en 5 étoiles.

Paradoxalement la même étude Ract Madoux note que le Palais des Congrès de Nice ne se situe pas en littoral et donc vise un créneau d’hôtels 2 et 3 étoiles, donc hors créneau « luxe » visé par Annecy en implantant le Centre en bord immédiat du lac. Or l’environnement hôtelier du futur centre (hormis les 80 chambres de l’Impérial) est lui-même éloigné de tout hôtel de luxe, ceux-ci étant par ailleurs totalement absents du paysage hôtelier de la région annécienne, même si d’excellents hôtels sont présents

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Josie François,  Au responsable de la commission d’enquête

Une importante « erreur » d’appréciation

Pièce F p.30  

« Ouvrir l’ensemble de la presqu’île au public »

On y lit que « sur les 97 300 m2 de la presqu’île, environ 12 500 m2 ne sont pas accessibles au public. Toutefois la Communauté de l’Agglomération d’Annecy, depuis 2011, a entamé une démarche de discussion à l’amiable avec les propriétaires concernés.  A ce jour, 4 propriétés ont été acquises, la C2A maîtrise alors 74% du foncier sur le périmètre de l’opération..». Donc, 74 % du foncier du site pourrait déjà être ouvert au public.

Remarque : pièce F p. 23,

la carte qui montre la part des propriétés acquises et privées est fausse : parmi les parcelles représentées en bleu, certaines sont déjà acquises par la C2A.

L’expulsion des derniers propriétaires ne serait donc pas une condition  fondamentale pour ouvrir une très grande partie de la presqu’île d’Albigny au public, la partie privée n’en représentant finalement que 3,3 % des 97 300 m2. Si la C2A le souhaitait vraiment, elle pourrait ouvrir les 3/4 de la partie non encore accessible au public…. une surface aussi élevée que celle que le centre de congrès offrirait, car la partie bombée et végétalisée du toit du projet, orientée vers le nord, serait inutilisable par le public

Quant aux points de vue nouveaux  qui seraient ouverts sur le lac par le projet, vantés par les promoteurs

Sur une grande partie de la toiture, comme déjà vu,  bombée,  couverte de plantations,  tournée vers le Nord, donc  opposée au lac … la  visibilité sur le lac serait nulle.

D’autre part, la partie sud serait partagée avec un « bar-glacier »…

Enfin, le CESC constituerait  une muraille de plus de 120m de long, pour les véhicules et les promeneurs qui emprunteraient l’Avenue du Petit-Port, et les voies cyclable et piétonne qui la longent (et qui  seraient coupées au niveau de l’accès des camions de livraisons avant et après chaque évènement)…

 Et la destruction des constructions de ces parcelles privées, n’ouvrirait pas la vue sur le lac, ni sur son écrin de montagne, mais sur l’Impérial.

Enfin, une partie important des propriétés privées sont dédiées à des activités commerciales liées au tourisme et aux loisirs : bar de plein air, mini-golf, location de rollers, bicyclettes, kayaks, stand up Paddle, donc au public.

CONCLUSION : L’expulsion de plusieurs personnes du lieu de vie que leur famille occupe depuis plusieurs générations, et de certaines de leurs activités professionnelles, n’ouvrirait que très peu d’espace au public, aucune vue nouvelle sur le lac par rapport à l’ouverture de la propriété « Le Sud », et priverait les promeneurs d’activités de détente et de loisirs qu’ils apprécient.

Peut-on alors croire à l’ « utilité publique » de ces destructions ?

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De Monsieur Bruno PERRIER               à                    Monsieur le commissaire enquêteur

 

Un dossier d'enquête publique doit, comme l'a rappelé la Cours Administrative d'Appel de LYON (n° 13LY01540 27 novembre 2013) : « permettre à tous les intéressés de s'assurer du caractère d'utilité publique du projet ». En dépit de son épaisseur ce dossier ne répond pas à ces objectifs en raison des lacunes, omissions, contre vérités et informations tendancieuses qu'il contient. Il me semble, difficile d'admettre, en conséquence, que le public, ainsi que les personnes publiques associées, aient pu donner un avis dans des conditions d'information satisfaisantes.

Mon avis (défavorable) n'a pas l’ambition de traiter du dossier dans son exhaustivité, il se limitera aux éléments suivants :

1. Non respect, par omission, du jugement du Tribunal Administratif de Grenoble (22 mai 2014) en ce qui concerne son interprétation de la Loi Littoral (art L121 et s. nouvelle numérotation) ;

2. Données fantaisistes, obsolescentes et omissions du volet économique et financier ;

3. Présentation tendancieuse en ce qui concerne l'aspect architectural et paysager.

 

Non respect de la Loi Littoral, contrairement à ce qui est prétendu.

Le sous dossier F affirme manifestement à tort « qu'il n'y a pas d'extension de l'urbanisation et s'il y en avait une elle serait forcément limitées. » (Paragraphe 2,7, 1 p 56). Ceci a été écrit, dans le but de prétendre que le projet serait conforme à la Loi Littoral (art L121,13 ex L146-4). Or les décisions du Tribunal administratif de Grenoble (TAG 22 mai 2014 N°1201529 et 26 novembre 2015 N°1405047), que l'on affecte d'ignorer, vont dans le sens contraire. La positon du TAG peut être résumé de la façon suivante :

 - Si la Loi ne s'oppose nullement au principe d'un centre de congrès dans une zone proche du rivage, elle impose, par contre, de respecter certains principes : l'extension de l'urbanisation doit être limitée et les parcs et ensembles boisés les plus significatifs doivent être protégés. Le non respect de ces deux principes a conduit, à l'annulation du PLU pour la zone concernée compte tenu des règles de hauteur et d'emprise au sol prévues.

 - En outre les « documents locaux d'urbanisme devront justifier et motiver l'extension limitée de l'urbanisation conformément aux critères fixés ... par le code ». Le fait que le projet soit prévu au SCOT ne le dispense nullement du respect de la Loi.

La commune n'ayant fait appel que sur le problème des espaces boisés (art L121-27 ex L146-6 du CU), et non sur les considérants relatifs au non respect du principe d'extension limitée de l'urbanisation il y a donc autorité de la chose jugée sur ce point.

Le fait de taire la portée de ce jugement constitue une désinformation manifeste, dont la Commission devra prendre acte.

Il est bien évident, en outre, que toute décision prise à la suite d'un éventuelle DUP sera contestée par ce moyen auprès de la justice administrative. Si le Préfet a pu de bonne foi ne pas déférer le projet de PLU en contrôle de légalité, car la jurisprudence de l'époque (Soleil d'or) n'était pas adaptée au cas présent, il n'en sera pas de même compte tenu des jugements précités. La Commission rendrait probablement, sur ce point, un grand service au Préfet en émettant un avis défavorable !

Ce serait cependant faire un procès d'intention au maître d'ouvrage de supposer, a priori, que le dossier soumis à DUP n'a pas tenu compte des jugements observations du TAG. Pour s'en assurer la démarche la plus logique consiste à chercher dans le dossier quelles sont les règles de construction applicables à la zone, afin de vérifier si les coefficients d'emprise de 0,25 et 0,30 et les hauteurs de R+2 ou R+3 sont inférieurs dans le nouveau règlement. Mais on ne trouvera rien, ni là, ni ailleurs dans l’ensemble du dossier (plus de 1000 pages quand même) alors que le Code de l'expropriation (art R122-4) précise que les caractéristiques principales doivent être présentées. Le biais utilisé, pour ne pas faire apparaître les règles applicables à la zone, consiste à renvoyer le tout à un « plan masse ». Cette procédure est généralement utilisée dans des secteurs où le foncier n'est pas adapté et les intervenants disparates. Dans le cas d'une maîtrise foncière et d'un maître d'ouvrage unique cela ne sert à rien sauf à dissimuler que la hauteur sera supérieure à R+3 l'emprise au sol très supérieure à 0,30. (NB une observation très attentive du document H1 p57 permet cependant de calculer par différence de cotes une hauteur de 12,79 m (460,5 NGF hauteur absolue 447,71 cote du rond point devant l'Impérial). D'autres déposants présenteront sans doute des évaluations plus précises.

Il ne me semble pas exagéré de prétendre que ceci n'aide pas beaucoup à la manifestation de l'utilité publique : la commission se prononcera sur l'élégance du procédé, le Tribunal Administratif pourrait avoir à juger de l'irrégularité de la procédure :

1. en ce qui concerne le recours au Plan masse,

2. pour insuffisance du dossier.

Il me semble, en outre, nécessaire de préciser que compte tenu des dimensions prévues de l'ouvrage, telles que l'on peut les estimer, une réduction tactique des dimensions du projet ne pourraient qu'en modifier l'économie générale et nécessiter une nouvelle enquête.

Deux autres remarques :

1. La consultation de la commission départementale de la nature des paysages et des sites prévue par l'article L121-27 du CU (ex L146-6), aurait dû, s'agissant d'une mise à jour du PLU, faire l'objet d'un compte rendu annexé à la pièce H.

2. La réalisation du projet entraînant la suppression d'une partie de la plage publique d'Albigny (sujet sur lequel le dossier se montre remarquablement muet), doit être pris en compte dans le bilan coûts/ avantages. La compatibilité avec l'article L121-7 du CU (libre accès du public au rivage) pourrait aussi être évoquée.

 

Volet économique et financier.

Dans un bilan avantages/inconvénients, le volet économique et financier est important pour apprécier l'utilité publique d'un projet soumis à enquête. On s'étonnera, en conséquence de la légèreté du maître d'ouvrage.

Qui peut, en effet, accorder un quelconque crédit à des études faites il y a 10 ans? Notons, à ce propos que le projet étudié en 2006 était moins ambitieux, et qu'il était prévu de le déléguer à un opérateur privé ?

L’évolution de la conjoncture n'est pas, non plus, prise en compte alors que des études récentes (voir PJ article de la revue « Les Échos ») parlent d'une vingtaine de projets concurrents !

Les dépositions favorable à cet aspect du dossier ne manqueront probablement pas, on vérifiera aisément (je l'ai fait) qu'elles ne sont que peu motivées, les plus sérieuses (en apparence) émanant de personnes ou organismes dépendant financièrement du maître d'ouvrage (office du tourisme par exemple) ou d'autres qui ont, a priori, tout à gagner à la réalisation d'un équipement qu'ils n'auront pas à financer.

Les coûts annoncés sont sujets à caution, le Maire d'Annecy a d'ailleurs déclaré que l'on avait oublié 7M€. On remarquera que le coût annoncé (et pris en compte dans les avis des PPA) de 49 M€ n'inclut pas les acquisitions foncières préalables, la réintégration de ces dernières donne un montant de 53,7 M€ soit une différence de 7,6% (NB la jurisprudence citée en introduction en fait un cas d’annulation). D'autres dépenses ne sont pas prises en compte, notamment les travaux nécessaires au raccordement routier.

S'agissant d'une maîtrise d'ouvrage publique, le plus contestable dans ce dossier réside, à mon avis, dans l’absence totale de précisons relatives :

 - D'une part à son mode de financement,

 - D'autre part à ses conséquences sur les finances de la collectivité (en clair faudra t-il augmenter les impôts ?).

Il est vrai qu'il me semble difficile de démonter que ceci n'entraînera pas d’augmentation des impôts. Tout bureau d’étude compétent sachant faire de genre de simulation, il s'agit donc, à mon avis, d'une omission volontaire.

J'ai lu, avec intérêt, la déposition N° E051 de M Duperthuy que j'approuve. Cependant une approche plus simple peut être faite, à partir des données fournies par la C2A sur son site Internet. En effet, sur la base des derniers documents communiqués, on constate que le coût estimé de l'opération (49 M€) est supérieur au dépenses d'investissement prévues au budget primitif 2015 (46,6 M€). Démontrer, dans ces conditions, que ce projet n'entraînera pas d'impôts supplémentaires, sauf à ne rien investir ailleurs, ne me semble pas possible.

Une bonne partie de l’argumentation développée dans le dossier justifie la nécessité de cet équipement par l'intérêt d'accueillir des congrès « haut de gamme ». Sachant que la dépense principale des congressistes est consacrée à l'hébergement et que la capacité hôtelière de l'agglomération est notoirement insuffisante sur ce segment de marché. Un projet cohérent aurait dû être accompagné d'un plan de développement de l'accueil hôtelier. Il n'en est rien, une fois encore. Il me semble difficile de motiver des conclusions positives sur cet aspect du dossier.

 

Aspect urbanistique, architectural et paysager.

De nombreux déposants ne manqueront pas de rappeler que la demande d'inscription du Lac d'Annecy au Patrimoine de l'UNESCO a fait l'objet d'un refus en raison de l'urbanisation excessive et médiocre de ses rives. Il faut en conséquence préserver ce qui peut l'être encore.

Même si ceci n'a jamais été acté explicitement, il semblait, jusqu'ici, que le principe de ne pas réaliser d'opérations importantes entre la route et la rive faisait l'objet d'un consensus de la part des municipalités précédentes, en particulier celles de B.Bosson qui a cherché à "rendre" aux habitants les espaces riverains précédemment construits avant qu'Annecy ne s'ouvre sur le lac. L'ancien Maire et Ministre d'Annecy s'est, d'ailleurs, publiquement étonné de "l'absurdité de la localisation d'un ouvrage réservé aux congressistes et donc interdit à la population".

Insertion dans le paysage

La presqu'île d'Albigny constitue un ensemble remarquable contenant d'une part un parc arboré, complétant l'ensemble formé par l’avenue d'Albigny et l'avenue du Petit Port, et, d'autre part, deux constructions de caractère : l'Impérial et la villa Abeille (ou Le Sud). La commune d'Annecy le Vieux avait fait l'acquisition de cette dernière "compte tenu de la situation particulière et exceptionnelle du bien, en bordure de lac...considérant qu'il y a lieu de préserver le site" (décision du Conseil municipal d'Annecy-le -Vieux du 1/12/2006). On a partiellement satisfait l'objectif annoncé en ouvrant au public ce qui correspond à la servitude de marchepied (art L2131-2 du CGPPP), il n'en va pas de même en ce qui concerne la préservation de la villa Abeille, que l'on envisage tout simplement de démolir, dans le non respect des intentions initiales La villa Abeille n'est certes pas la seule construction de caractère située au bord du lac, mais c'est une des seules que l'on puisse voir de la rive. L'ensemble constitué avec le parc arboré et l'Impérial fait partie du paysage traditionnel du lac et la majorité du public y est attaché : « le paysage c'est ce que l'on voit plus la mémoire » (Marcel Proust). Cette démolition doit être prise en compte dans le bilan avantages/inconvénients or le dossier n'en parle pas.

Qualité architecturale

Le projet, d'après ce que l'on peut déduire de la maquette, consisterait à réaliser une grosse butte végétalisée (bunker enherbé ou maison de hobbit pour certains, architecture commerciale anglo-saxonne pour les autres) qui n'a pas sa place dans le paysage exceptionnel qui constitue le site d'Albigny, à proximité immédiate du Lac. En tous cas cet ouvrage sera difficile à construire du fait de la proximité de l'eau (ancrage et étanchéité) et difficile à entretenir du fait de sa toiture végétalisée.

Le recours à un concours d'architecte, inutilement détaillé dans le dossier, ne garantit ni une bonne architecture ni une bonne insertion dans le site, l'exemple de la réalisation en cours à Annecy sur l'emplacement de l’ancien hôpital confirme d'ailleurs qu'une signature connue peut s'avérer décevante sans la compréhension du site et la concertation rigoureuse et suivie entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre.

On peut d'ailleurs s'interroger sur l’intérêt d'organiser un concours d'architecture avant l'enquête publique, a-t-on voulu impressionner le public ? Il eût été plus logique, en effet, de prévoir, dans le dossier, l’organisation d'un concours sur la base des caractéristiques principales figurant au cahier des charges de ce dernier. Ce cahier des charges aurait pu ensuite être amendé pour prendre en compte d'éventuelles réserves ou recommandations de la commission d’enquête. Cela aurait, en outre, permis de présenter un dossier conforme aux dispositions de l'article R122-4 du code de l'expropriation. Mais il n'est pas évident que le maître d'ouvrage fasse grand cas de l'enquête publique, comme cela a été dit lors d'une réunion du conseil Municipal d'Annecy (14/12/2015).

L'appréciation d'un projet architectural comportant une part de subjectivité, nul doute que des défenseurs se manifestent. L'association s'interroge cependant sur la pertinence de ces avis compte tenu de la présentation tendancieuse qui est faite : comment peut on juger un projet quand des données aussi essentielles que les dimensions de la construction ne sont pas fournies à l'évidence, mais cachées ou à déduire du volumineux dossier?

Dans le but probable de ne pas effrayer le public, on a minimisé dans le dossier les dimensions apparentes de l'ouvrage en le présentant au public très souvent "vu du ciel". Les maquettes d'exposition sont posées à faible hauteur, vues de dessus, comme pour les "écraser" et faire oublier la hauteur réelle (environ R+3, 12m). On est loin du " fragment de paysage ouvert sur le lac " vanté de façon trompeuse dans les publicités. Le projet architectural n'est curieusement pas mis en avant.

La maquette est avantageuse, les mises en perspectives et les vidéos habilement réalisées.

Cependant, en y regardant de plus près on arrivera à la conclusion que les personnages qui évoluent autour de la maquette doivent mesurer environ 2,50 m de haut ! Nous doutons fort, en conséquence que l'avis de l'autorité environnementale soit établi sur des bases fiables et solides.

Compte tenu du bilan négatif de cette opération en matière d'urbanisme et de paysage, il me semble difficile de trouver une quelconque utilité publique à ce qui n'est pour certains élus que la recherche d'un geste fort pour laisser une empreinte (malheureusement) durable dans la pierre ou entrer dans l'histoire.

Article paru dans « les échos » 16 juin :

Une vingtaine d'équipements en construction

Après une quasi stagnation pendant près de vingt ans, l'offre française, qui compte près de 120 palais et centres de congrès, surtout concentrés en Ile de France et autour du bassin méditerranéen, s'enrichit d'une vingtaine de réalisations récentes (Puy enVelay, Gréoux les Bains, Nancy, La Baule…) ou en chantier (Strasbourg, Le Havre, Valenciennes, Le Touquet, Annecy, Rouen…).

Autant d'équipements plus polyvalents (Arras, Metz, Toulouse…) et technologiques que ceux de la génération précédente, souvent dessinés par des architectes reconnus, même dans des villes de la taille du Cap d'Agde par exemple.

Mais cela a un coût : « Des investissements qui dépassent souvent les 30 millions d'euros, pour atteindre les 100 millions, voire davantage pour les plus ambitieux. Sans compter les charges supplémentaires pour les villes, comme les prolongements de voiries ou de transports publics (Bordeaux, Rennes, Toulouse,…) », selon l'étude menée par Coach Omnium auprès des deux tiers des exploitants en France.

Or ces développements sont difficiles à rentabiliser, explique Mark Watkins, président de Coach Omnium. Car si la moitié des palais des congrès a accueilli entre 100 et 300 manifestations en 2014, soit une stabilité par rapport à 2004, la majorité de ces événements reste d'envergure seulement régionale et touche une clientèle essentiellement française. L'étude souligne l'ambition souvent démesurée des élus locaux pour faire rayonner leur ville. La dimension internationale ne concerne que peu de destinations et la majorité des centres de congrès ne travaillent qu'avec une clientèle de proximité. Remplir ces palais, malgré une offre hôtelière fréquemment insuffisante, une accessibilité parfois peu performante et des coûts d'exploitation qui explosent, vire ainsi souvent au casse tête.

Martine Robert, Les Echos

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LES ARBRES

De nouvelles contradictions et manquements à la loi

 

     Que dit la loi ? L’article L 130-1 du code de l’urbanisme permet de protéger  les espaces boisés de manière spécifique

Le dernier alinéa de l’article L 146-6, impose pour les communes littorales, le classement des parcs et ensembles boisés existants les plus significatifs,

     Que dit le dossier d’enquête ?

Pièce E, p.278,   « l’élément végétal » :

 en accord avec ce qui précède, il dit que « l’élément végétal est omniprésent » , et l’aménagement des berges du littoral se traduit par une « forte végétalisation qui reste cependant structurée et entretenue de manière à maintenir une haute qualité paysagère, permettant ainsi de conserver des perspectives sur le lac, de mettre en valeur le bâti existant et de placer le recherche de bien-être des habitants au cœur des exigences . » (Le bien-être des habitants, n’est-ce pas une préoccupation d’intérêt public ?).

Concernant précisément la presqu’île d’Albigny … suit une liste de jardins, haies, buissons, grands arbres, sur la presqu’île autour de l’Impérial, dans le parking de l’Impérial, le long de l’allée de l’Impérial, et des avenues du Petit-Port et d’Albigny.

Curieusement, le site du projet n’est cité que par la phrase suivante : « les haies et jardins des propriétés privatives » aucune allusion aux arbres du site!pourtant :

 

          Pour Annecy –le-Vieux 

   -  : 35 arbres ont été expertisés à la demande de la municipalité, et ils jouent pleinement   leur rôle de  valorisation du bâti, d’apaisement du visiteur, en particulier le parc de la Villa le Sud,  qui offre  un écrin que les visiteurs admirent, face au lac

Témoignages

    - Les 4 grands arbres non expertisés du bar-minigolf de plein air,  offrent de l’ombre au promeneur, constituant un îlot arboré et calme, proche du lac, mais protégé de la circulation et de la zone urbanisée par sa  végétation dense

   - 3 arbres n’ont pas été  expertisés  dans la propriété du « Vieux Noyer »,  dont l’architecture typique, est valorisée par la végétation grimpante et des haies et arbres.

La municipalité d’Annecy-le-Vieux et le C2A envisagent, d’abattre environ 41 arbres de grande taille sur 44, alors que leur expertise en a évalué, quant à leur « intérêt paysager » : en effet, seuls 3 arbres sont étiquetés «  à protéger impérativement », Intérêt majeur : 3, important : 5,   moindre : 17

Témoignages

Remarque : même si les experts ont comptabilisé 17 arbres comme étant sans intérêt, 18 présentent un intérêt, et un « espace boisé significatif » est « significatif » d’abord par la densité des grands arbres, qui est ici de  44 arbres sur 10 000 m2 environ.

L’expertise considère que certains arbres présentant un intérêt sont en mauvais état et nécessiteraient une intervention …. Alors que tous les arbres expertisés  sont aujourd’hui la propriété de la ville d’Annecy-le-Vieux. Comment la commune peut-elle ainsi négliger l’entretien de ses grands arbres au bord du lac ?? N’est-ce pas parce qu’elle anticipe de les abattre, et préfère les laisser s’abîmer avant de connaître le résultat de l’enquête publique et des recours ?

Ces arbres auraient dû être classés… c’était un des points rejetés du PLU d’Annecy-le-Vieux. On doit considérer que ce site fait partie intégrante de l’espace boisé significatif que constitue globalement la presqu’île, en continuité avec les arbres de l’Avenue du Petit Port, de la plage, du Parc de l’Impérial, et que le tout forme une continuité paysagère naturelle, au bord du lac avec les platanes de l’Avenue d’Albigny.

Témoignages

D’autant plus que ces deux avenues sont « des axes structurants, qui isolent la presqu’île de la partie urbanisée « (pièce E p. 101).

De plus, le site est inscrit « Rives du lac d’Annecy à Albigny » (pièce H p.59).

 

        Pour Annecy :

  La zone  annécienne  du site du projet a été en partie classée, par délibération  du 16 décembre 2013 de l’ « aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine »(AVAP), «  espace vert public au bord du lac »  (AV3), de 630 m2.

  • La municipalité d’Annecy a ensuite  établi une demande de déclassement de cet espace le 27 octobre 2015. La formule lapidaire du PV indique seulement : « cette modification mineure ne remet pas en cause l’économie générale du document AVAP, notamment dans son approche du patrimoine paysager ».

Or, ce déclassement fait partie du dossier d’enquête publique UNIQUE.

Témoignages

QUELLE INCOHERENCE !  l’AVAP a classé cet endroit en 2013, le conseil municipal veut le déclasser en 2015, sans réel argument … si ce n’est la volonté de construire malgré plusieurs points qui interdisent une construction sur l’ensemble du terrain d’assiette, comme le prouve le jugement du recours  contre le PLU d’Annecy-le-Vieux, puisque le projet concerne deux communes.

  • Dans le PV d’une page de la réunion d’examen conjoint du 10/09 /2015, pour la mise en compatibilité des 2 PLU,  où la présentation du  projet devant 16 représentants (de l’état, de la C2A, des 2 communes, du SCOT)  occupe 7 lignes (alors que le dossier d’enquête, pour bien mesurer les impacts, compte plus de 1000 pages), Monsieur Godart, l’avocat,  évoque  le classement du PLU approuvé en 2006 : « zone d’implantation pour partie en zone UC, et pour partie en zone Na « zone naturelle de bord de lac et parc significatif », avec un emplacement réservé 2g au bénéfice de la commune aucun mot sur le  site classé par l’AVAP en 2013,  approuvée en conseil municipal d’Annecy le 16 décembre 2013 .
  • Aucun mot sur la demande de déclassement du 27 octobre 2015. avec une formule lapidaire comme explication dans la demande de modification n° 2  du PLU (annexe au dossier d’enquête) : « cette modification mineure ne remet pas en cause l’économie générale du document AVAP, notamment dans son approche du patrimoine paysager ».

Or, ce déclassement fait partie du dossier d’enquête publique UNIQUE

De même, ce déclassement par « demande de modification N°2 »  semble inexistant dans le dossier d’enquête publique, pièce H page 45

Témoignages

La carte de zonage montre une zone bleue après modification, de même que le texte  ne correspond pas à la réalité actuelle, mais aux conséquences de la modification.

Au contraire, on peut lire «  le projet ne comporte aucun espace boisé classé ou des alignements d’arbres à préserver », ce qui est faux

 

Cela fait beaucoup de non-respect des lois et classements pour une mise en compatibilité des PLU, par rapport aux arbres :

  • Modification de l’AVAP  d’Annecy, contre les enjeux qu’elle a mis en avant

   -    Rejet par le TA du PLU d’Annecy-le-Vieux, jusqu’à nouvel ordre contraire à la loi, pour ses espaces boisés non classés sur l’ensemble de l’Avenue du Petit-Port

   -    Abattage programmé d’une soixantaine de grands arbres sur la presqu’île, alors qu’ils  qui auraient dû être classés comme espace boisé significatif proche de la rive

Contrairement à ce qu’affirment les promoteurs,  il ne s’agirait pas d’une « simple construction », mais d’une construction illégale, à moins de 100 mètres de la rive, après expropriation, démolition d’habitations,  et  ABATTAGE de nombreux grands arbres

…  PUIS une monumentale construction qui, elle-même,  ne peut être qualifiée de « simple » !

 

Quand au bien-être des habitants vantés par les promoteurs, comment peuvent-ils prétendre « ouvrir  l’espace au public », et améliorer la vue sur le lac ?

  • alors que la C2A et la commune d’Annecy-le-Vieux possèdent déjà 78% du terrain d’assiette, il suffirait de les mettre à la disposition de tous, par des aménagements de parc bien moins coûteux que le projet, sans détruire une soixantaine d’arbres.
  • Alors que les espaces verts du projet se réduiraient à des arbres et végétation basse le long de l’Impérial, sans aucune harmonie avec les parcs et espaces boisés préexistants.
  • Et surtout, alors que les « espaces verts » sur la toiture-colline  du projet, se partageront l’espace    plutôt réduit, donc, avec une « promenade » sur planches et un bar, en plein soleil par beau temps chaud, et  glissante sous la pluie et la neige : personne n’en rêve.
  • ____________   Josie François le 10 février 2016   _______________

Au Directeur de la Commission d’Enquête                le 05/02/2016                                   

Je me permets de vous communiquer des informations qui me paraissent très importantes, concernant le projet de centre de congrès, auquel je suis opposée, parce que, contrairement à ce qu’affirme Monsieur Accoyer dans un article de presse paru hier, dans le Dauphiné Libéré, je fais justement un grand cas de « la finalité économique et sociale de ce projet ».

Monsieur Accoyer semble ignorer qu’entre 1792 et 2016, la République a voté des lois qui ont instauré des règles démocratiques,

La loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - art. 236 a modifié l'article L123-1 du code de l'environnement : "L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration des décisions susceptibles d'affecter l'environnement."

L'enquête publique vise donc désormais à :

  • informer le public ;
  • recueillir, sur la base d'une présentation argumentée des enjeux et parfois d'une étude d'impact, ses avis, suggestions et éventuelles contre-propositions ;
  • prendre en compte les intérêts des tiers ;
  • élargir les éléments nécessaires à l’information du décideur et des autorités compétentes avant toute prise de décision.

En élu exemplaire respectueux des lois et de ses administrés,  il devrait se réjouir de constater que le public participe activement à l’enquête publique actuelle et que les habitants de l’Agglo adressent de nombreux commentaires aux commissaires-enquêteurs, et les féliciter pour le sérieux de leurs recherches. Au lieu de cela, il estime que les élus doivent « travailler » sans tenir compte de l’avis de la population, qui l’agace… parce que ces avis sont majoritairement opposés au projet, et ceci, de façon argumentée !

L’habitante de l’Agglomération d’Annecy que je suis, est déçue de son agacement, je m’attendais plutôt à recevoir des compliments. Surtout que parfois, je pousse la bonne volonté jusqu’à travailler la nuit sur le dossier d’enquête … d’abord parce que je dors peu,  et parce que pour un habitant « ordinaire », c’est-à-dire qui ne travaille pas dans l’urbanisme ou le juridique, un dossier d’enquête publique unique est très complexe.…

(ETC : ……….. (propos de conseillers d’Agglo qui relatent qu’un « échange a eu lieu : la rénovation de Bonlieu contre le Centre de congrès à ALV sur la presqu’île, donc la « légitimité des élus » serait mise à mal, et un rapport de forces politiques aurait pesé plus que l’ « utilité publique » …

Et le fait qu’un conseiller d’Agglo ait mis en doute, dès avant le vote du projet en 2012, les retombées économiques, comme nous le faisons, en s’appuyant sur des analyses d’experts, sans être écouté).

Ma conclusion : avant de dénoncer les habitants qui s’expriment de façon respectueuse et argumentée, Monsieur Accoyer devrait lire leurs arguments, et essayer de se demander si ce projet est vraiment pertinent, et d’UTILITE PUBLIQUE   -  

__________    LA EST LA VERITABLE QUESTION   __________

 

Faire réfléchir le fidèle catholique

pour faire infléchir le décideur politique !

Adrien R,                                                                         le 25 janvier 2016

74940 Annecy-Le-Vieux                                                  A l’attention de

                                                                                        Monsieur le Maire d’Annecy-le-Vieux

Monsieur le Maire,

Voici quelques extraits de l’encyclique Laudato si’ (Loué sois-tu) rédigée par le Pape François à Rome le 24 mai 2015 :

« Les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact physique avec la nature » (alinéa 44).

« Toute intervention dans le paysage urbain ou rural devrait considérer que les différents éléments d’un lieu forment un tout perçu par les habitants comme un cadre cohérent avec sa richesse de sens. […] Pour la même raison, tant dans l’environnement urbain que dans l’environnement rural, il convient de préserver certains lieux où sont évitées les interventions humaines qui les modifient constamment » (alinéa 151).

« Il est important que les perspectives des citoyens complètent toujours l’analyse de la planification urbaine » (alinéa 150).

« Il faut que la décision politique soit incitée par la pression de la population. […] Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique – national, régional et municipal – un contrôle des dommages sur l’environnement n’est pas possible non plus » (alinéa 179).

« A la table des discussions, les habitants locaux doivent avoir une place privilégiée, eux qui se demandent ce qu’ils veulent pour eux et pour leurs enfants, et qui peuvent considérer les objectifs qui transcendent l’intérêt économique immédiat » (alinéa 183).

« [Quand un projet] affecte le bien commun, présent et futur, cette situation exige que les décisions soient fondées sur une confrontation entre les risques les bénéfices envisageables pour tout choix alternatif possible. Cela vaut surtout si un projet peut entrainer […] une modification significative du paysage ou d’un d’espace public » (alinéa 184).

« J’invite à un débat honnête et transparent, pour que les besoins particuliers […] n’affectent pas le bien-commun » (alinéa 188).

Puissent ces propos du Pape vous inspirer dans le cadre de votre réflexion au sujet de votre projet de centre des congrès sur la presqu’ile d’Albigny…

Puissent-ils vous inciter (enfin...) à ouvrir un « débat honnête et transparent » qui écoute sincèrement les avis et envies de la population locale (au-delà du service minimum obligatoire que représente l’enquête publique en cours) en accordant enfin à vos concitoyens la « place privilégiée » qu’ils méritent.

Cordialement,

_____________________________   Adrien R.    ___________________________

Monsieur le commissaire enquêteur,

N’étant pas spécialiste du tourisme d’affaires je ne saurais me prononcer sur la pertinence de construire ou non un nouveau centre des congrès à Annecy (même si cela ne me semble vraiment pas être la priorité en termes d’investissement d’argent public…)

En revanche, en tant qu’éminent spécialiste de promenades familiales au bord du lac, de piqueniques entre amis sur la plage d’Albigny, de footings sur les rives du lac, de moments de contemplation de ce si beau site naturel, je me prononce clairement sur la non-pertinence du choix de ce site pour établir un éventuel centre des congrès !

Au besoin, construisons-le sur un terrain déjà urbanisé et plus éloigné du lac (en réhabilitant tel ou tel terrain en friche industrielle par exemple)

Mais pas de bétonnage si proche du lac !!!

N’avons-nous rien appris des erreurs urbanistiques du 20e siècle… ?

Où est l'esprit de la "loi littoral" que tant de pays nous envient ?

Ce qui serait d’utilité publique serait de faire tomber les grillages entourant la Villa Abeille pour rendre (enfin…) accessible cet espace vert qui nous appartient à tous (puisque propriété de la commune d’Annecy-le-Vieux). Le bâtiment de la villa lui-même pouvant servir de lieu d’expositions artistiques, de salon de thé,…

Conservons aux rives du lac leur esprit, sport, détente, famille, nature.

NB : j’ai lu dans la presse que le choix de ce site se justifierait par l’attrait qu’il exercerait sur les congressistes qui seraient ébahis devant la beauté des vues qu'il offre...

A ce compte, pourquoi ne pas aller au bout de la logique ?

Allons-y carrément, et proposons un centre des congrès sur pilotis au beau milieu du lac !

Témoignages

Là, c'est certain, le spectacle serait grandiose et les contrats commerciaux se signeraient à tour de bras.

Les congressistes se rendraient sur cette plateforme off-shore en bateaux hors-bords (électriques, cela va de soi, pour la petite touche de vernis pseudo-écolo…).

Cette proposition alternative est-elle vraiment plus farfelue que l’actuel projet ? Pas si sûr… 

_______________   Adrien R, habitant d’Annecy-le-Vieux   __________

A Monsieur Michel RAYOT, directeur de l’Office de tourisme d’Annecy, et pour information à Monsieur le Président de la commission d’enquête :

 

Cher Monsieur, je viens de prendre connaissance du mail que vous avez envoyé ce 18 janvier, " à titre privé ", à la commission d’enquête concernant le CESC, ainsi qu’à vos " amis " pour les inciter à envoyer des avis favorables. Je suis interloqué de lire, notamment : " l’emprise au sol n’est que de 3 000 m2 par rapport aux 10 000 m2 utiles pour les expositions et les congrès.

Témoignages

Cela démontre que vous ne connaissez vraiment pas le projet actuel, qui n'ose d'ailleurs, sauf erreur,  jamais donner les surfaces d'emprises au sol : 6 000 m2 à très peu près après calculs de plusieurs professionnels pour le " bâtiment haut " dont le sommet est à plus de 12 m, et 8 400 m2 à très peu près pour tout ce qui dépasse du sol actuel.

Témoignages

Les 3 000 m2 que vous évoquez sont ceux du tout premier projet, uniquement le long de l’avenue du PETIT PORT, qui laissait au-devant un " parc aménagé ouvert à tous de 9 000 m2 " (pièce E page 114 du dossier d’enquête publique).

Je vous conseille donc très vivement, comme certains courageux l’ont fait, de lire en détail ce dossier particulièrement volumineux. 

Vous souhaitant bonne réception de mon envoi je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

________________   Jean-Louis BARIOZ, architecte  __________________

LA PRESQU’ILE

Sur l’air de La Cascade

Texte de Claude Lansard

 

Refrain

  • Qu’elle est belle-♫- ma-♫-presqu’ile   
  • Sans le cen-♫-tre de-♫- congrès.
  • C’est pas en -♫-béto-♫-nnant qu’il-ils      
  • Feront preu-♫-ve de-♫- progrès.
  • Enclenchons -♫-la ré-♫-sistance             
  • Fac’ à ce -♫-trop coûteux projet.  
  • Le litto-♫-ral est-♫- not’chance               
  • Il nous faut -♫-le pré-♫-server !!!

1er couplet

  • Les petits oiseaux
  • Chantent dans les arbres
  • Le lac dessin’ notr’ horizon
  • C’est au bord de l’eau
  • Qu’on fait nos prom’nades.
  • Car on est bien sur le gazon !!!

Refrain

2ème couplet

  • Mais on nous annonce
  • Un avant-projet
  • Que l’on prétend définitif
  • Plus cher et plus haut
  • Ça c’est ce qu’on sait
  • Mais en aucun cas productif.

Refrain

3ème couplet

  • Des tonnes de béton
  • Et moins de gazon
  • Pour une bell’priva-tisation.
  • Sachant qu’nos ainés
  • Ont su redonner
  • Les rives à la population.

Refrain

4ème couplet

  • Et depuis ce jour
  • Le cœur déchiré
  • On nous dit « les hommes du passé »
  • Mais il faut savoir
  • Que sur ce dossier
  • Rigaut sera l’homme du passif.

Refrain

5ème couplet

  • Tout ça n’est pas grave
  • Car nos p’tits enfants
  • Sauront rembourser l’addition
  • Ils s’en souviendront
  • Pendant des 50 ans
  • Payant les quatre-vingt millions!!

Refrain

6ème couplet

  • Nous les citoyens
  • Et contribuables
  • Pouvons arrêter cet’ folie
  • On rest’ assurés
  • De pouvoir gagner
  • La loi littoral , c’est la vie.

Refrain

_________________________________________________________

Monsieur le commissaire enquêteur,

Par la présente, nous venons vous faire part de notre contribution à l'enquête publique.

 

1- Le choix du site n'est pas suffisamment démontré

A la p.111 de la pièce E, il est dit que d'autres sites ont été présentés par les communes de la C2A pour implanter ce nouveau CESC. Sont cités : le terrain Balleydier (Annecy), un site aux Glaisins (Annecy-le-Vieux) et un autre à Seynod. Deux autres sites ont disparus des études sans explications. Or, pour justifier d'expropriations, il nous semble que toutes les alternatives auraient dû être étudiées et rejetées méticuleusement. Ce n'est pas le cas ici.

Nous signalons que lorsque l’un de nous eux fut conseiller municipal sous le mandat de Monsieur Bernard Bosson, la collectivité a acquis terrain Balleydier pour servir d’assiette à un éventuel centre de congrès.

Quant au risque d'inondation, il nous semble largement sous-estimé et minoré. En effet, l'histoire récente montre que la presqu'île peut être sujette à une montée des eaux de la nappe (située à moins de 2 mètres  pièce E). On peut légitimement s'interroger sur le classement du PPRNP qui considère la presqu'île comme non inondable (p. 158 pièce E) alors que le Pâquier est classé comme inondable... Le mode de construction des fondations (sur radier, p.99 pièce F) laisse à penser que la présence d'eau tout autour des parties enterrées vont à la fois engendrer des couts de construction bien plus élevés et des frais de maintenance importants.

Une structure telle que celle qui est envisagée induit obligatoirement une certaine animation environnante. Sponsors, publicité sur place, parking. Aucun espace n’est réservé à tout cela.

Le peu de place qu’il reste sur la presqu’île sera privatisé à chaque évènement.

Là encore la déclaration d'utilité publique de ce projet sur ce lieu est insuffisamment fondée.

 

2- La loi littoral n'est pas respectée

Le projet qui est présenté fera "9860 m² de surface de plancher au 2/3 enterré" (p.3 pièce E) et pourra accueillir 2695 personnes.

Dans la pièce F p. 57 à 72, les promoteurs du projet cherchent à justifier la compatibilité de ce projet avec la loi littoral en ce qu'elle impose, pour les espaces proches du rivage, de respecter une augmentation limitée de la constructibilité existante. Ils tiennent pour acquis que le lieu d'implantation est une zone déjà urbanisée, ce qui n’est pas contestable. Mais la lecture de la loi qui est faite par eux me semble fallacieuse au regard de la jurisprudence. Car si l'arrêt du CE sur l'affaire Soleil d'or introduit bien une exception à la loi, en ce qui concerne des continuités d'urbanisation, cet arrêt ne saurait justifier la construction de 9860 m² en lieu et place de quelques habitations disséminées, sur une presqu'île, à proximité directe d'un lac (et non derrière une route comme dans le cas de Menton). La surface de plancher avant et après la réalisation du projet est multipliée par plus de 7, ce qui constitue bien une extension non limitée d'urbanisation et une irrégularité face à la loi littoral.

Nous contestons donc l'affirmation selon laquelle "la réalisation du CESC ne constitue pas une extension de l'urbanisation" (p. 367 pièce E) et la suivante "Le projet de CESC est compatible avec la loi littoral" (p.368, pièce E). Or la loi fixe, dans notre droit, l'intérêt général et tout projet non conforme à la loi ne peut être déclaré d'utilité publique.

 

3- Un coût de fonctionnement qui va incomber à la collectivité.

Dans la pièce F, p.82 il est affirmé que l'exploitation du nouveau CESC  SPL (Société Publique Locale) en complémentarité avec le centre des congrès de l'Impérial (p.20, pièce F) : "L'association de ces deux équipements permettra de proposer une offre globale et diversifiée, cohérente avec les ambitions de rayonnement international de l'agglomération".

Or, nulle part n'est abordée de façon concrète cette complémentarité. Comment vont se répartir les congrès? Combien d'événements pour chaque équipement ? Y aura-t-il concurrence ?

S'il apparait bien dans ce dossier une étude économique et un compte de résultat prévisionnel à partir de la page 116 de la pièce F, cette étude porte sur un autre projet, celui initialement prévu sur le terrain Balleydier. Vous noterez aussi que cette étude n'a pas été réactualisée depuis 2007 et contient un certain nombre d'éléments qui, depuis, ont beaucoup changé. Sur la base de cette étude (qui ne concerne pas le projet de CESC aujourd'hui mis à l'enquête publique) le dossier écrit "Le secteur du tourisme d'affaire représente une très forte demande en pleine expansion" (p.25 pièce E ou bien encore p. 18 pièce F). Si cette assertion pouvait être vraie au moment de l'étude (en 2007), ce n'est plus le cas aujourd'hui car les études récentes portant sur le marché du tourisme d'affaire montrent au contraire un fort ralentissement.

Il n'est donc pas admissible qu'aucun compte d'exploitation prévisionnel ni organigramme (pour évaluer les charges de personnel) du futur CESC ne soit annexé au dossier, surtout si l'exploitant de cet équipement est la collectivité via une SPL et donc, in fine, fait porter un risque sur les finances publiques et les impôts des citoyens.

Ce risque est d'autant plus important que le mode de gestion en complémentarité entre le centre des congrès de l'Impérial et le futur CESC n'est pas du tout abordé et laisse penser qu'une concurrence néfaste aux deux équipements peut se mettre en place. A la page 112 de la pièce E on note "+50 chambres éventuellement envisagées" dans l'Impérial palace ce qui interroge sur la réelle volonté de maintenir un centre des congrès à l'Impérial ou bien de transformer ce centre des congrès en 50 chambres supplémentaires.

De la même façon, les chiffres avancés en terme de création d'emplois (p. 19 pièce F) ne sont pas explicités et on peut légitimement les contester.

En conséquence, la viabilité économique de ce futur équipement repose sur des études dépassées et avancent des chiffres non détaillés sur l'emploi. La maitrise de cet équipement par la collectivité fait peser un risque de dérive budgétaire qui risque de peser lourd sur les finances publiques locales.

Sur ce point également, nous contestons l'utilité publique du coût d'un tel équipement alors qu'aucune étude sérieuse de viabilité n'a été menée.

 

4- Un coût d'investissement démesuré et insoutenable

Dans la pièce E p. 25 les promoteurs du projet citent le coût de l'investissement. Il est estimé à 49 millions d'euros HT (valeur 2012). Ce chiffre est repris p. 103 de la même pièce sans davantage de précision sur les différents postes concernés.

Or ce chiffre ne correspond pas à l'enveloppe confiée aux concurrents au moment du concours d'architecte (par délibération du 12 juillet 2013, le bureau de l'agglomération a attribué le marché de maitrise d'oeuvre au groupement Snohetta/Wolff/Quadriplus pour un coût de 32 millions d'euros HT (valeur 2012) + 5 484 800 € HT de forfait de rémunération, soit un total de 37.5 M€ HT en juillet 2013). On note déjà l'inflation des coûts entre juillet 2013 et la présente enquête publique puisque les couts de construction (rémunération comprise) passent ainsi de 37.5 M€ à 44 M€ soit une hausse de près de 20% entre APS (Avant Projet Sommaire) et l'APD (Avant Projet Défintif). Cette hausse du coût d'investissement augure mal de la maitrise financière de ce projet. Elle est également de nature à frapper d'irrégularité le concours d'architectes puisque les critères imposés aux concurrents n'ont pas été respectés par le cabinet retenu.

L'agglomération d'Annecy dégage péniblement une capacité d'investissement annuelle comprise entre 10 et 12 M€ par an depuis plusieurs années avec une capacité d'autofinancement qui s'établit à 2.4 M€ pour 2014 (source : comptes administratifs de l'agglomération) en baisse. L'exercice 2014 étant le premier d'une série de plusieurs années de cure d'amaigrissement pour les collectivités locales voulue par l'Etat via la baisse de ses dotations et la montée en puissance du Fonds de Péréquation Intercommunale et Communale. D'après les simulations commandées par l'agglomération celle-ci va être fortement impactée par ces baisses (autour de 6M€ de pertes de recettes/an à échéance 2018).

En supposant que l'agglomération engage l'intégralité de sa capacité annuelle d'investissement (disons 12 M€/an) dans ce seul projet, celui-ci représente au total pas loin de 5 années. Bien entendu ce cas reste théorique car l'agglomération doit aussi investir dans d'autres secteurs comme l'accueil des personnes âgées, les transports publics, les équipements culturels et sportifs, etc...

Engager l’avenir de l’agglomération sur ce seul secteur fait courir un risque financier trop important pour la C2A déjà largement endettée (encours de dette au 31/12/2013, plus de 112 M€). Face à cette réalité d'un investissement dont la rentabilité n'est pas étudiée sérieusement alors qu'il repose entièrement sur fonds publics, le risque de fortes difficultés financières pour l'agglomération est élevé, tout comme le risque de sacrifice d'autres politiques publiques bien plus utiles à l'ensemble de la population et aux retombées locales (économiques et sociales) sont extrêmes.

Face à ce coût d'investissement déraisonnable (et déjà en augmentation) au regard des capacités d'investissement de la collectivité, nous considérons que ce projet, pour ce prix, ne peut être supporté par l'agglomération et qu'il doit être abandonné, au risque de porter un coup très dur aux finances locales et aux impôts locaux, mettant ainsi largement à mal l'utilité publique de ce projet.

 

5- Une supposée approbation du public qui n'est pas détaillée

Aux pages 27 puis 120 de la pièce E ainsi qu'en page 34 de la pièce F il est dit qu'une enquête d'opinion a été réalisée auprès de la population en avril 2012. Or, ni la taille de l'échantillon, ni la méthode de consultation ne sont détaillées sur ces documents. Seuls apparaissent des pourcentages, plutôt flatteurs pour le projet sans que l'on puisse savoir combien de personnes cela représente.

Pour ma part, la seule chose que nous savons avérée, ce sont les milliers de pétitions signées et déposées à l'agglomération par des habitants de l'agglomération contre ce projet. Le processus de concertation a lui aussi été bâclé, verrouillé et ne peut constituer une onction à ce projet.

En effet, les réunions publiques qui ont été tenues l'ont été sous pression et demande expresse des opposants au projet. Ces réunions étaient totalement formelles et n'ont pas permis une réelle écoute des inquiétudes. De la même façon, les élus ont été systématiquement mis devant le fait accompli puisque le sujet n'a été abordé formellement que deux fois (avec vote) : la première en 2010 pour lancer l'avant-projet simplifié et la seconde en 2014 pour valider l'avant-projet définitif.

Entre temps, ce dossier est resté totalement opaque et concentré dans les mains du président et du premier vice-président de l'agglomération sans transparence, ni écoute de la population et des élus.

Nous regrettons la manière très hautaine avec laquelle ce sujet a été traité. En effet, il aurait semblé plus légitime (pour un dossier qui n'avait pas été prévu sur la presqu'île dans les documents de campagne de 2008 du maire d'Annecy notamment) d'associer plus étroitement la population qui n'avait pas pu se prononcer sur ce choix au moment des élections. Cette vision de la démocratie ne peut être sous-estimée afin de comprendre l'état d'esprit de la population.

Nous ne me souvenons pas avoir vu dans la dernière campagne électorale municipale ce dossier dans les projets présentés. Il semble un peu péremptoire de déduire d'une enquête aussi peu fiable que la population est favorable au centre des congrès et que l'utilité publique de ce nouvel équipement soit avérée.

 

6- L'absence d'étude de besoins et de stratégie globale pour le tourisme d'affaire

Ce dossier de DUP ne fait apparaitre aucune étude préalable de besoins. Si la pièce F fait bien ressortir les objectifs et l'historique du projet, nulle part n'est abordée la question du besoin. Pourquoi a-t-on besoin d'un nouveau centre des congrès ? Que manquait-il à l'actuel centre des congrès de l'Impérial ? Quel est l'impact principal attendu notamment sur les commerces locaux et l'hôtellerie ? Comment cet équipement s'insère-t-il dans une stratégie plus globale concernant le "tourisme d'affaire" ? Quel est l'intérêt pour les commerces du centre-ville d'Annecy d'avoir un complexe de tourisme d'affaires situé à plusieurs centaines de mètres de leurs activités ? Comment, dès lors, créer un véritable "effet d'entrainement" sur l'économie locale, sans tomber dans le piège d'un complexe sur la presqu'île renfermé sur lui-même autour de l'Impérial Palace et des centres des congrès ? Pourquoi un changement de cap par rapport au terrain Balleydier, choix ancien de la collectivité ?

Toutes ces questions restent sans réponses alors que ce nouvel équipement est supposé être une locomotive économique, porteuse d'emplois indirects et induits. P. 109 de la pièce E, il est simplement dit que l'offre actuelle d'espaces de congrès n'est pas suffisante et adaptée pour répondre à la demande. Mais cette affirmation n'est pas étayée (contrairement à la liste visible dans le diaporama du cabinet Kanopée pièce F qui référence des congrès refusés de 2003 à 2006 soit un relevé datant de plus de 10 ans...) et laisse penser qu'elle ne repose pas sur une étude détaillée du besoin.

Sans cette étude de besoins, le projet de centre des congrès ne repose sur rien d'autre que sur une volonté politique de laisser une trace en réalisant un équipement dont l'utilité n'est pas démontrée.

Aucune stratégie globale n'est développée par les promoteurs qui se contentent de penser qu'un nouvel équipement sera suffisant pour redynamiser un secteur, celui du tourisme d'affaires, tout entier. Aucune étude sur l'évolution de ce secteur, et notamment l'impact des nouvelles technologies sur la "virtualisation" des congrès n'est menée. Nous contestons que le choix de construire un nouveau centre des congrès soit le choix le plus pertinent pour dynamiser le tourisme d'affaire localement, que la construction d'un simple équipement sans réflexion globale sur toute une filière soit le meilleur moyen de créer des emplois, et donc l'utilité pour le public de ce projet.

 

Tels sont les éléments, M. le Commissaire-enquêteur, qui nous semblent démontrer que ce projet n’est pas d’utilité publique .

Il ne repose sur aucune analyse des besoins sérieuse.

Il est attentatoire à la loi littoral.

Il fait peser de lourdes craintes sur sa viabilité financière et le coût pour les contribuables.

Le choix de ce site n'est pas suffisamment étayé.

Et enfin il est largement rejeté par la population locale qui ne manque pas une occasion de redire son refus de ce projet à cet endroit.

 

C’est pourquoi nous vous demandons d’émettre un avis défavorable à ce projet soumis à l’enquête.

 

________________   Claude et Rosie Lansard   _________________

UN COUT DE FONCTIONNEMENT QUI VA INCOMBER A LA COLLECTIVITE


Denis Duperthuy 
conseiller municipal et communautaire d'Annecy
résidant sur la commune d'ANNECY

à M. le commissaire enquêteur en charge de l'enquête publique concernant le projet de CESC

tel que désigné suite à l'arrêté préfectoral n°PREF/DRCL/BAFU/2015-0046

à Annecy le 12/01/2016

Monsieur le commissaire enquêteur,

Dans la pièce F, p.82 il est affirmé que l'exploitation du nouveau CESC sera confié à une SPL (Société Publique Locale) en complémentarité avec le centre des congrès de l'Impérial (p.20, pièce F) : "L'association de ces deux équipements permettra de proposer une offre globale et diversifiée, cohérente avec les ambitions de rayonnement international de l'agglomération". Or, nulle part n'est abordée de façon concrète cette complémentarité. Comment vont se répartir les congrès? Combien d'événements pour chaque équipement ? Y aura-t-il concurrence ?

S'il apparaît bien dans ce dossier une étude économique et un compte de résultat prévisionnel à partir de la page 116 de la pièce F, cette étude porte sur un autre projet, celui initialement prévu sur le terrain Balleydier. Vous noterez aussi que cette étude n'a pas été réactualisée depuis 2007 et contient un certain nombre d'éléments qui, depuis, ont beaucoup changé. Sur la base de cette étude (qui ne concerne pas le projet de CESC aujourd'hui mis à l'enquête publique) le dossier écrit "Le secteur du tourisme d'affaire représente une très forte demande en pleine expansion" (p.25 pièce E ou bien encore p. 18 pièce F). Si cette assertion pouvait être vraie au moment de l'étude (en 2007), ce n'est plus le cas aujourd'hui car les études récentes portant sur le marché du tourisme d'affaire montrent au contraire un fort ralentissement.

Il n'est donc pas admissible qu'aucun compte d'exploitation prévisionnel ni organigramme (pour évaluer les charges de personnel) du futur CESC ne soit annexé au dossier, surtout si l'exploitant de cet équipement est la collectivité via une SPL et donc, in fine, fait porter un risque sur les finances publiques et les impôts des citoyens.

Ce risque est d'autant plus important que le mode de gestion en complémentarité entre le centre des congrès de l'Impérial et le futur CESC n'est pas du tout abordé et laisse penser qu'une concurrence néfaste aux deux équipements peut se mettre en place. A la page 112 de la pièce E on note "+50 chambres éventuellement envisagées" dans l'Impérial palace ce qui interroge sur la réelle volonté de maintenir un centre des congrès à l'Impérial ou bien de transformer ce centre des congrès en 50 chambres supplémentaires.

De la même façon, les chiffres avancés en terme de création d'emplois (p. 19 pièce F) ne sont pas explicités et on peut légitimement les contester.

En conséquence, la viabilité économique de ce futur équipement repose sur des études dépassées et avancent des chiffres non détaillés sur l'emploi. La maîtrise de cet équipement par la collectivité fait peser un risque de dérive budgétaire qui risque de peser lourd sur les finances publiques locales.

Sur ce point également, je conteste l'utilité publique du coût d'un tel équipement alors qu'aucune étude sérieuse de viabilité n'a été menée.

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De Didier Paitreault , Seynod

A Monsieur le commissaire enquêteur,

Le centre de congrès actuel (intégré dans le bâtiment de l’impérial palace), avec ses 500 places, est capable de répondre à 80 % des demandes dans son domaine.

Si les points ci-dessous sont fondamentaux, ce que je veux bien admettre :

  • Ce centre de congrès est vétuste.
  • Il lui manque une salle d’exposition de 1200 m2.
  • Notre agglomération doit rester présente sur ce créneau, malgré un déficit chronique.

1°) Je propose d’étudier, objectivement, la proposition ci-dessous :

A) Rénover le centre de congrès, existant, de l’impérial palace.

  • Il est en effet concevable que la « fonctionnalité » soit un argument de choix important pour les clients payeurs.
  • Une agglomération comme celle d’Annecy se doit de proposer des équipements modernes, même intégrés dans un bâtiment ancien et classé.

B) Construire, au plus près, la salle d’exposition qui lui manque.

  • La salle d’exposition précitée pourrait être enterrée sous le parking.
  • Intégrée (dans la partie déjà propriété collective) de la presqu’île d’Albigny.
  • Mieux encore, là ou des professionnels le proposeraient, après étude.

2°) Cette solution aurait pour avantages, par rapport à la proposition de la DUP :

  • D’avoir un coût d’investissement qui serait en rapport avec les capacités de l’agglomération.
  • D’éviter des expropriations qui ne pourraient être d’utilité collective que quand toutes les autres solutions auraient étés envisagées, étudiées et rejetées.
  • D’offrir l’accès de la partie déjà collective de la presqu’île à la population et aux touristes sans en détruire les espaces verts existants.
  • De continuer à ne rien construire de nouveau entre le lac et la première voie de circulation, comme cela se pratique déjà depuis six décennies.

Cette missive a pour objectif de vous convaincre que ce projet de construction d’un nouveau centre de congrès de près de 10 000 m2 sur la presqu’île d’Albigny, n’est pas d’utilité publique, en tous cas, tant qu’il sera présenté sous la forme tronquée actuelle.

____________ inscrit dans le registre, le 27 janvier 2016  ______________

DEMOLIR LA VILLA ABEILLE ET SON PARC N’EST PAS D’INTERET PUBLIC

La très belle villa " ABEILLE " (ou " LE SUD "), avec son parc remarquable, est l’une des dernières maisons anciennes de caractère situées tout-à-fait au bord du lac d’Annecy, et la seule à Annecy-le-Vieux.

C’est bien pour cela que, cette propriété ayant été mise en vente en 2006, il est inscrit dans le compte-rendu du conseil municipal d’Annecy-le-Vieux du 1er décembre : " Compte-rendu de la situation particulière et exceptionnelle du bien, en bordure du lac sur une largeur d’environ 70 mètres et considérant qu’il y a lieu de préserver ce site, la Commune souhaite en faire l’acquisition ". Ce qui a été fait en 2007, pour la somme de 4 millions d’euros.    

Témoignages

Auparavant, un arrêté de la République française du 24 août 1937 avait indiqué : " le plan d'eau du lac d' Annecy et ses rives dans les limites du domaine public, situées sur le territoire des communes  d'Annecy, Annecy-le-Vieux, Veyrier du Lac, Menthon Saint Bernard, Talloires, Doussard, Duingt, Saint Jorioz, Sevrier, sont inscrits à l'inventaire des Sites dont la conservation présente un intérêt général par application de l'article 4 de la loi du 8 mai 1930 ".

Puis, par un autre arrêté du 17 mars 1943, l’Etat français inscrit " sur l’inventaire des Sites dont la conservation présente un intérêt général des Rives du Lac d’Annecy à Albigny sur le territoire de la commune d’Annecy-le-Vieux " toute la zone située à l’emplacement et proche de cette propriété.

Mais, oh surprise, en novembre 2010 la C2A décide d’édifier un énorme centre de congrès sur la dite propriété ainsi que sur d’autres parcelles situées sur le côté et à l’arrière, qui contiennent une partie de la plage publique, une autre maison particulière, un petit immeuble d’habitation et un mini-golf. Donc, de tout démolir, et bien sûr d’arracher complètement une très belle végétation parfois centenaire, sauf peut-être deux arbres tout-à-fait au bord de l’eau (plan de chantier pièce E page 101)

Cette propriété ABEILLE fait partie du patrimoine local. Trop de belles maisons ont déjà été démolies, à Annecy et Annecy-le-Vieux notamment. Il est d’intérêt public de la conserver. Ceci d' autant plus qu’en fait elle a été payée par les contribuables d’Annecy-le-Vieux, et que sa valeur a notoirement augmenté depuis 2007.

Et, puisque l’une des raisons principales du projet de centre des congrès est de rendre de l’espace au public, il est donc très facile, immédiatement et pour des frais insignifiants, de supprimer le grillage entre la propriété et le lac et  d’abattre les vilains éléments préfabriqués côté IMPERIAL. Ceci apporterait une magnifique enfilade de verdure entre les pelouses de l’hôtel et de la plage. On pourrait en même temps rendre public le jardin de l’ancienne propriété PAYEN à l’arrière. Et, le mini-golf étant conservé également avec sa belle verdure et son calme, on disposerait d’un immense et très agréable  espace au bord de l’eau, qui serait vraiment rendu au public.

Quant à la villa ABEILLE elle-même, différentes affectations peuvent lui être vouées bien sûr.

Témoignages

Contribution n° 2 de Jean-Louis BARIOZ architecte

_______________________ le 26 janvier 2016  __________________

A : Monsieur le commissaire enquêteur

Rendons les bords du lac à la nature et à la population.

1°) Durant les 60 dernières années, chaque fois que cela était possible, les constructions situées entre la première voie de circulation et le lac ont été démolies et le terrain engazonné et/ou rendu aux habitants, essentiellement à l’initiative de nos élus.

  • Démolition, dans les années 60 de la laiterie Menu, de la chocolaterie et de la chambre d’agriculture.
  • De la même logique et à la même époque, une demi-douzaine de villas situées le long de l’avenue du Trésum et du clos Balleydier seront détruites, sans aucune reconstruction (parking et clos Balleydier libres de toute construction).
  • Acquisition, par la ville d’Annecy, de l'Impérial et de ses jardins en 1967, suivie de leur ouverture au public.
  • Démolition de la villa Schmitt à l’entrée du parc de l’Impérial.
  • Destruction en 1981 du bâtiment du casino-théâtre (suite à un référendum populaire ; si, si !), libérant un espace de plus d'un hectare, rendu à la superbe pelouse du Pâquier.
  • Acquisition, puis démolition de la station service sur la commune d’Annecy-le-Vieux, suivie de l’engazonnement et de l’agrandissement de la plage publique d’Albigny.
  • Acquisition en 2007 de la villa Abeille et de son parc par la commune d’Annecy-le-Vieux, consécutivement à une décision du conseil municipal du 1er décembre 2006. "La propriété ABEILLE étant à vendre : Compte tenu de la situation particulière et exceptionnelle du bien, en bordure du lac sur une largeur d'environ 70 mètres et considérant qu'il y a lieu de préserver ce site, la commune souhaite en faire l'acquisition".
  • Sur l'esplanade des Marquisats, dernier bastion à prendre, " le commissariat de police, déménagera en 2018, au terme de son bail avec le ministère de l’intérieur ".

Et nous ne trouverons, c’est évident, personne pour s’en plaindre, ni les habitants de l’agglo, ni les touristes (haut de gamme ou pas).

Grosse ombre à la liste ci-dessus : Acquisition de la villa Abeille par la mairie d’Annecy-le-Vieux, oui, mais immédiatement suivie de la pose d’un solide grillage qui interdit l’accès à son superbe parc, pourtant public depuis neuf ans ! De plus : "préserver ce site", ne semble plus d’actualité.

2°) Pourquoi et avec quelle justification pourrions nous, tout à coup, laisser s’implanter un projet qui viendrait encombrer les rives d’un lac que trois générations de maires n’ont eu de cesse de libérer ?

La presqu’île d’Albigny, recouverte actuellement à 80% par des espaces verts, se verrait recouverte à 80% par du verre, du béton et autre dallage en bois exotique.

3°) L’hôtel de l’Impérial Palace aurait vocation à devenir un 5 étoiles pour satisfaire les clients " haut de gamme " annoncés par les porteurs du projet dans la délibération du conseil d’agglo du 18 novembre 2010, par le dossier EP de la DUP et par l’avis de l’autorité environnementale du 18 septembre 2015.

Or un hôtel 5 étoiles a toujours et forcément un terrain privatif ;

--  standing oblige  --

Sauf erreur de ma part, ce terrain privatif ne pourrait être que " volé " à la population locale et touristique en la privant, contre son gré, de l’accès à la totalité du parc Charles Bosson !

Cette remarque n’est pas une supposition, mais une constatation : cela a déjà été tenté avec un arrêté municipal de la ville d’Annecy.

4°) Nous pouvons voir dans cet arrêté municipal n° 2014-1405 du 12 juin 2014:

(Page 15) La partie hachurée en bleu est interdite d’accès.

Témoignages
Témoignages

5°) L’intention affichée de " rendre " la presqu’île d’Albigny aux habitants est largement contredite par les deux exemples avérés ci-dessus.

Personnellement, face à des informations erronées, voire tendancieuses, je vois l’argument tentant de justifier l’utilité publique de ce projet tomber !

________________  inscrit sur le registre le 25 janvier 2016  _______________

A Monsieur le commissaire enquêteur,

1°) Dans l’ « Extrait du registre des délibérations du Conseil de Communauté de l’Agglomération d’ANNECY »:

(Délibération 2010/335 du 10 novembre 2010)

(fichier PDF : "Nouvel équipement d’exposition de séminaires et de congrès")

Nous pouvons lire :

« V – Les principes proposés :

Le nouveau Centre d’exposition, de séminaires et de congrès est déclaré d’intérêt communautaire. Par conséquent, le Centre de congrès de l’Impérial ne sera plus d’intérêt communautaire et ne relèvera donc plus de la compétence de la communauté de l’Agglomération d’Annecy dès lors que le nouveau Centre d’expositions, de séminaires et de congrès sera mis en service. »

Il est évident que si le nouveau centre de congrès voyait le jour, le gestionnaire de celui implanté dans les locaux de l’impérial ne serait bien évidemment pas prêt, tout à coup, à accepter de supporter seul son déficit chronique.

2°) Nous pouvons lire sur le site de la communauté de l’agglomération d’Annecy :

(Délibération 2014/297 du 2 octobre 2014)

(Fichier PDF : "Exploitation Centre de Congrès Impérial – Présentation rapport annuel 2013")

Témoignages

Déficit de près de 700 000 € de moyenne annuelle qui augmenterait mécaniquement, après le transfert d’une partie de l’activité vers le nouveau centre.

La logique commerciale naturelle aboutirait immédiatement à la fermeture du centre de congrès de l’Impérial Palace. La « complémentarité » annoncée est un non sens économique manifeste.

3°) Nous pouvons lire dans la pièce F du dossier EP de la DUP :

Extrait de la page 29 :

« Proximité de l’hôtel Impérial (avec un agrandissement de 50 chambres éventuellement envisagé) »

Le gestionnaire privé de l’impérial palace aurait bien évidement pour intérêt et objectif de transformer tout ou partie de « son » centre de congrès en 50 chambres supplémentaires dont il aurait alors besoin.

4°) Il n’est pas nécessaire d’être un économiste chevronné pour comprendre que la prétendue « complémentarité » des deux centres de Congrès (proches l’un de l’autre) est un leurre, car à court terme, il n’en subsistera qu’un.

Je me permets de supposer que le véritable objectif de cet argument est de tenter de justifier l’implantation du nouveau centre sur la presqu’île d’Albigny.

Dès lors que cet argument est contestable, voire fallacieux, l’utilité publique du projet de construction d’un Centre d’Expositions, de Séminaires et de Congrès sur la presqu’île d’Albigny l’est tout autant !

_______________  Envoyé par mail, le 23 janvier 2016  ________________________

Des arguments moins entendus contre le centre des congrès

Un jeune parisien, investi dans l’événementiel en tant que régisseur, se promène au bord du lac en ces beaux jours de décembre. Il lit l’affiche accrochée aux grilles de la villa Sud, annonçant la DUP et les enquêtes sur le centre des congrès. Il s’y intéresse…et soudain se met en colère contre ce projet fou !

«Tous les centres de congrès aujourd’hui qui veulent être à la hauteur de l’attente de clients de luxe ne peuvent avoir un matériel fixe en éclairage, vidéo-projection, animation et décoration (tapis, moquettes, vases, mobiliers divers etc…). Ce matériel se démoderait trop vite ». [Il en a fait l’expérience sur des salons-congrès à Deauville et à Genève]. «Il faut donc systématiquement faire appel à des entreprises spécialisées dans l’événement, sous-traiter l’environnement sonore, l’environnement lumineux et bien souvent aussi l’accueil. Toute cette sous-traitance crée des flux incroyables de camions, des gros semi remorques qui devront cheminer jusqu’au centre des congrès ! L’accès doit être rapide…»

Au moment où l’on s’interroge sur la qualité de l’air du bassin annécien, on peut donc légitimement s’interroger sur ce « trafic annoncé » de camions le long du lac ! Certes ces camions pourront descendre dans le sous-sol, mais alors quel sous-sol faudra-t-il réaliser ? Et quels aménagements aux abords faudra-t-il prévoir, sachant que pour accéder à ces sous-sols il faut traverser la route, la piste cyclable et piétonne toujours très fréquentées quelle que soit la période de l’année ? Rien ne semble avoir été prévu dans ce sens.

D’autre part, si des emplois techniques seront probablement créés, cela concernera en grande partie les entreprises déjà spécialisées dans ces domaines, auxquelles on fera nécessairement appel, et qui ne sont pas, pour les plus importantes d’entre elles, installées dans le bassin annécien.

Il y a donc un double souci d’accessibilité, le premier, celui des camions, mentionné plus haut, le second pour ceux qui travailleront « autour » des congrès, sans parler du déplacement des congressistes eux mêmes. La route du bord du lac qui est déjà bien encombrée, où passent voitures, vélos, et… piétons va être saturée une grande partie de l’année.

________________________________________________________________

De M. Didier Paitreault, habitant Seynod

A Monsieur le commissaire enquêteur

Mais c’est déjà à nous !

Le maître d’ouvrage de ce projet annonce haut et fort que l’utilité publique de ce projet est, entre autres, justifiée par l’ouverture de la presqu’île d’Albigny au public. Je conteste cet argument, parce que !

1°) Page 31 de la pièce F du « Dossier de déclaration d’utilité publique »,

Nous trouvons ce plan :

Témoignages

Les promoteurs du projet écrivent que 12 463 m2 ne sont pas accessibles au public, c’est vrai, mais c’est contre notre gré, et simple à faire évoluer, si nos élus le veulent bien. En effet !

2°) Page 23 de la même pièce F du même « Dossier de déclaration d’utilité publique »,

Nous relevons :

« 2.1.2.2 Description de l’état actuel

Aujourd’hui, seuls 5 600m² sont encore privés…………..……………Les parcelles cadastrées incluses dans la zone d’implantation du projet représentent environ 12 467 m² sur les 13 450 m² du périmètre de DUP. 22% des parcelles sont détenues par des propriétaires privés, 23% par la C2A maître d’ouvrage du projet de CESC et 55 % par la commune d’Annecy-le-Vieux. »

Témoignages

3°) Or, et sauf erreur de calcul de notre part, 23% propriété de la C2A, plus 55% propriété de la ville d’Annecy-le-Vieux, cela représente 78% de la surface d’implantation du projet qui est déjà propriété collective.

En clair, 9724 m² de la zone d’implantation du projet sont déjà du domaine public mais ne restent que très partiellement accessibles au public.

4°) Je relève, là, une information non objective, donc une tromperie manifeste.

5°) Finalement il n’est pas nécessaire de dépenser 80 millions d’€, voire plus, pour ouvrir 78% de ce territoire aux habitants de l’agglomération, et aux touristes, il suffit de retirer les grillages !

_______________  Inscrit sur le registre, le 11 janvier 2016  ____________________

Témoignages

Amis de la Terre,

Chers amis, voici un petit chèque pour adhérer à votre association. Nous venons de recevoir le journal de l’Agglo, photo de l’avant projet, monstrueux, à hurler !

La prochaine étape du projet, le lancement de la déclaration d’utilité publique; là, nous devons tous être là …

Comment peut-on envisager un tel saccage, dans un environnement aussi beau, magnifique ?

Nous vous suivrons ; nos plus chaleureuses pensées.

Arrêtons cette folie.

                       Signature

______________________  reçu le 27 juillet 2015  _______________________

PAROLE D'INDÉPENDANT

Nouveau Centre de congrès, prenons date :

  ° Le futur bâtiment coûtera plus de 47 millions d'€

  ° Il ne créera pas 900 emplois. Angers qui vient d'abandonner son projet  prévoyait 108 emplois induits

  ° Les 120 Centres de congrès français sont tous ou presque en déficit. Ce Centre risque fort de l'être aussi (en 2013 déficit payé par la CAA : 597136 €)

  ° La Loi Littoral n'est pas respectée : surface de plancher x 6 alors que la loi n'admet qu'une extension limitée voire très limitée dans les espaces proches du rivage

 

PAROLE DE CENTRISTE

Dans les années 80, la commune d'Annecy le vieux a agencé la plage d'Albigny, créé le port et la base nautique en transformant l'arrière plage pour la consacrer au tourisme familial avec restaurants d'été et aire de pique-nique.

Le Maire actuel veut désormais bâtir un hôtel de luxe 5 étoiles de 135 chambres et dédier le tout au tourisme d'affaire, au détriment des familles.

Ce serait bien que vous donniez votre avis

 

JC Vandenabeele

Conseiller municipal centriste d'AleVx (ancien maire-adjoint) Récent Président du MoDem 74

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ANNECY VAUT BIEN UNE MESSE                             

Annecy n’est pas Paris et Henri IV n’est plus, quant aux guerres de religions …Pour autant, loin des nombreuses disputes nationales, en particulier sociétales, mais pas seulement, plusieurs controverses ébranlent la  sérénité du Lac et de ses rives, ou plutôt celle des habitants et des gens attachés à la protection du cadre et de la qualité de vie de leur bassin annécien.  Ainsi, coup sur coup : les Trésums, la presqu’ile d’Albigny, la pollution de l’air, le tunnel routier qui ressort du Semnoz comme le monstre écossais de son lac.

Là un projet urbanistique de 60 000m2 et une architecture considérés par beaucoup comme peu respectueux « d’un paysage urbain sur un site sensible proche du lac » et attentatoire au patrimoine bâti de la vielle ville avec ses  monuments classés et inscrits, ce dont un tribunal n’avait pas disconvenu.

Ici un projet de centre des Congrès qui atteindrait 10000m2 de surface, équipement structurant  de 40000t  de béton [1], dont l’ancien député maire d’Annecy  a souligné « l’absurdité de la localisation » en bordure du Lac, en délicatesse avec la loi littoral, ce qui a valu l’annulation partielle du PLU de sa commune d’implantation projeté.

Officiel, mais longtemps réfuté par une majorité municipale, un classement de 2ème ville la plus polluée de France en microparticules cancérigènes par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de préfecture la plus polluée de Rhône- Alpes par Air Rhône-Alpes.

Prospectif,  le choix  incompréhensible du moins bon scénario  (tunnel routier couplé d’un bus abusivement dit à haut niveau de service) parmi ceux proposés dans les études diligentées par la C2A et repris par le Conseil Départemental pour le « Schéma multimodal des transports en bassin annécien à l’horizon 2030 » : contraire aux objectifs du SCoT, incompatible avec les lois Grenelle, les engagements de l’Etat, ceux de l’Union Européenne, la Convention Alpine, il aggravera, de façon certaine, la congestion automobile des rives du Lac, la pollution de l’air et les risques sanitaires liés, l’impact sur l’environnement, la dépense publique inefficace.

Analogie entre le  national et le local. Quel lien entre les rubriques de cet inventaire ? La récurrence d’une méthode rejetée, celle du passage en force qu’autorise la composition majoritaire d’assemblées régulièrement élues? Le décalage avec le pays réel, celui  des « vrais » gens qui ne souhaitent pas que l’on fasse leur bonheur malgré eux ? Là- haut (et un peu partout en France) plusieurs centaines de milliers de manifestants malmenés avant d’être ignorés par le CESE dont ils sollicitaient l’avis, ou plus récemment des intellectuels hâtivement (dis)qualifiés de « pseudos » pour éteindre un débat mal engagé qu’un non moins précipité décret ministériel d’application ne parvenait pas à clore nuitamment. Sur les bords du lac, plusieurs centaines d’opposants à des choix « imposés », des milliers de pétitionnaires déconsidérés,  plusieurs réunions sans débat pluraliste apaisé.  

Un peu plus de retenue démocratique et un peu moins de dérive autoritaire ne nuiraient pas. Nous déplorons tous le nombre de plus en plus élevé de nos concitoyens qui s’abstiennent de voter [2], marqueur de la coupure du monde politique avec la réalité des gens. Il en est un aspect, celui de leur cadre de vie, de leur santé et de leurs déplacements au quotidien sur lequel ils pourraient être écoutés et consultés; c’est pourquoi 14 associations forment le vœux que les responsables politiques du bassin annécien organisent, avant  la conférence climat de Paris en décembre [3], une grande première,  une concertation exemplaire avec la société civile qu’elles ont dénommée « Grenelle des transports et de la qualité de l’air ».

Annecy vaut bien une grande messe.


[1] Initialement prévu  à proximité du centre d’Annecy (terrains Balleydier proches des Trésums) ; le budget de sa construction (hors acquisitions) vient, après polémiques, d’être officiellement rehaussé de + 20% ( 37 à 44 M€).

[2] Abstentions, blancs et nuls : municipales 2014 Annecy : 51,6% ; départementales Haute Savoie 2015 : 59,9%

[3] 21ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dite COP 21 (Conference Of Parties).

________________________   Olivier  Labasse    ________________________

Une idée pour passer un moment agréable

Vous êtes "anti centre de congrès"... pour passer un bon moment, je vous suggère d'aller faire un tour à la Mairie d'Annecy où se trouve actuellement l'exposition, pour lire quelques pages du cahier mis à la disposition du public. Vous devriez vous régaler:

   - il est déjà rempli... aujourd'hui, des feuilles volantes de commentaires ont dû y être agrafées

   - les commentaires y sont en majorité hostiles au projet.

   - chacun est vrai, "venu des tripes", tout en restant correct.

      On ressent un consensus de ceux qu'on aura de plus en plus de mal à présenter comme "une minorité", une "poignée d'opposants contre tout" ... et j'en passe !

Et si vous ne l'avez pas encore fait, surtout pour les annéciens, allez à votre tour vous y exprimer ! Un deuxième cahier sera certainement mis à disposition... mais  "au cas où", vous pouvez prévoir une feuille blanche et une agrafeuse !

________________________  Josie le 26 mai 2015  __________________________

Sur l'air du " déserteur " de Boris Vian
Texte "
et chant" de Pierre Cleyet-Merle

Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps.
J'imagine aujourd'hui ce projet inutile au bout de la presqu'île que beaucoup nous envient.

Du béton et du verre, détruisant la verdure, des arbres centenaires se reflétant dans l'eau.
De mystérieux calculs, des prophéties étranges, vous poussent à saccager cet endroit magnifique,
En faire un lieu sans âme vous semble préférable, protéger la nature, une affaire dépassée.
Nos enfants nous diront : "quelle fut votre colère ? De quoi vous vengiez vous en voulant tout détruire ?
Accueillir en ce lieu des marchands d'éphémères, était-ce bien nécessaire à ce prix justement ? »
Monsieur le Président, il ne vous faut rien faire, il faut laisser les arbres voisiner les eaux claires,
Laissez ce lieu magique conserver son mystère, ……………..abandonnez, surtout avant qu’il soit trop tard !

_____________________ Pierre __________________________

Sur l'air de "j'aime flâner sur les grands boulevards" d'Yves Montand

Texte "et chant" de Hubert Protard ;
Refrain :
     J’aime flâner sur les bords du lac,
     Le littoral est un trésor,
     Un trésor national,
     Un joyau de notre pays,
     Un joyau sacré,
     On n'a pas le droit d'y toucher.

1er couplet
     Les élus, ces hurluberlus,
     Veulent nous construire un palais des congrès à Albigny,
     Et cela va nous coûter cher,
     Y'a plus de sous et ça devient le palais des chimères.

Refrain :

2ème couplet
     Pas de nouvelle construction,
     Pas de béton sur les rivages de notre beau lac,
     C’est la loi, la loi ancestrale,
     Elle s'impose à tous, cette belle loi LITTORAL.

Refrain :

______________________ Hubert __________________________

La maquette, cette coquette,

Cette belle a mis ses plus beaux atours, elle brille de toutes ses paillettes artificielles, elle se gonfle, enfle, plus haute, plus grosse, comme la grenouille qui en creva, elle crèvera aussi.

Car elle, qui se croit belle, à cause de deux amoureux fous qui en réalité ne voient en elle que des billets de banques,

Des bourrasques de billets imaginaires qui voleront partout et sortiraient d'abord des poches des pauvres citoyens, en réalité serait bien laide à prétendre s'imposer à côté de l'impérial hôtel.

Il faut parfois être modeste et rester à sa place, dans une zone commerciale par exemple, et là beaucoup lui trouveraient un peu de beauté.

Ici, comment pourrait-elle se comparer avec le charme, la poésie des grands arbres et la maison Abeille si simple et raffinée, goûtée par les êtres n'ayant pas perdu le sens de l'indicible car l'âme du lieu, c'est l'âme d'Annecy et qui s'harmonisent si bien avec la compagnie du grand hôtel ancien.

Non le Dieu argent ne justifie pas tout.

_____________________ Annick barioz ________________________

L'objet de la résolution 16 commentée ci-dessous (image C2A)

L'objet de la résolution 16 commentée ci-dessous (image C2A)

Chronique du « petit peuple » :

Le jeudi 9 avril 2015, nous étions conviés au Météor pour assister aux délibérations du Conseil de l’Agglomération d’Annecy (C2A) …

On nous a dit d’être « bien sages » et nous avons surtout écouté :

Résolution 1 :          « il est bien dommage mais les subventions étant ce qu’elles sont, le budget sera à la baisse »

                                 « Il faut que les gens comprennent que l’argent n’est plus ce qu’il était, il faudra qu’ils se restreignent ! …

« «  2

« «  3

« «  4, 5, 6, … 15                             etc.  …  « C’est comme çà, les subventions aux écoles, à la culture, aux transports, aux économies d’énergies …   réduites, voire coupées ! Inévitable, c’est la crise » !!!

On arrive à la résolution 16 et là, brusquement, TOUT change !  On dirait que le soleil est entré dans les cœurs par magie !

Car là, miracle : rien n’est trop beau, rien n’est trop cher !  Les millions pleuvent sur nous, pauvre petit peuple médusé !

Vous en voyez souvent, vous, des miracles comme celui là ???

Ah zut, j’ai oublié de le préciser : La résolution 16 concerne l’implantation du magnifique centre des congrès sur la presqu’île d’Albigny!

______________________________ Nad ______________________________

Témoignages

Question :

Mais quel est cet horrible et hétéroclite étron en gradins, posé au milieu de ce « site d’exception » (sic JL Rigaut !), si romantique, avec son lac entouré d’un écrin de montagnes, ces grands arbres centenaires, et  la construction Belle époque de l’Impérial ?

Réponse :

Le centre de congrès dont rêvent le maire d’Annecy-le-Vieux et le président de la C2A, bien sûr !

Mon commentaire :

Cela ressemble plutôt à un cauchemar.

___________________________ Josie ______________________________

Aticle du Dauphiné libéré du 13 février 2015 signé Isabelle DAVIER

Aticle du Dauphiné libéré du 13 février 2015 signé Isabelle DAVIER

Réponse, le 13 février 2015, de Jean-Louis BARIOZ,  architecte honoraire.

                                           Madame Isabelle DAVIER                                                                                                     LE DAUPHINE LIBERE

                         Copie : Monsieur le Maire d’Annecy 

                 Madame,

 

     Fidèle lecteur du DAUHINE LIBERE auquel je suis abonné, je me permets d’apporter des précisions suite à votre article paru ce 13 février " Centre de congrès : le projet définitif présenté en avril ".

     - En fait, comme vous l’écrivez d' ailleurs plus bas, il s’agira de " l’avant-projet définitif ", qui effectivement donnera beaucoup plus de détails que ce qui a été remis jusqu' à maintenant, ainsi qu’un prix en principe définitif mais avec quand même une marge d’erreur appelée " taux de tolérance ". Taux qui n’est presque jamais respecté, surtout pour les projets importants (voir par exemple le Musée des confluences à Lyon et la Philharmonie de Paris, avec des dépassements plus que considérables).

     Après cet A.P.D. doivent suivre les " plans d’exécution des ouvrages " et les " spécifications techniques détaillées " par les architectes et les bureaux d’études techniques, le " dossier de consultation des entreprises ", l’appel d’offres, les marchés de travaux et enfin leur démarrage si tout se passe bien.

     -  Mais en réalité, depuis le début, tout ne se passe pas bien, tout ne se déroule pas normalement comme Monsieur RIGAUT l’affirme car la C2A rencontre beaucoup de difficultés, vous pouvez le constater sur toutes les copies d’articles de journaux que je vous joins, toutes du DAUPHINE sauf une :

          -  DAUPHINE du 1er juillet 2012 : " le 14 décembre prochain, les quatre architectes lauréats devront présenter un projet complet au jury ..... la procédure de Déclaration d’utilité publique sera lancée fin 2013 - début 2014 ". Maintenant, ce sera au mieux en avril 2015.

          -  DAUPHINE du 29.09. 2012 : " le 30 novembre, le jury retiendra le cabinet chargé de créer le C.E.S.C. ". Date non respectée car il y a des difficultés.

          -  DAUPHINE du 5.12.2012 : " le jury retient deux projets ".  le 8.12.2012 : " le jury tranchera fin janvier ..... Les deux équipes retenues ont deux mois pour apporter ces précisions "  (qualité architecturale et insertion dans le site, compatibilité avec l’enveloppe financière).

          -  DAUPHINE du 26.01.2013 : " le projet norvégien retenu ..... les Scandinaves ont 15 jours pour présenter leur dossier définitif ".

          - DAUPHINE du 17.04.2013, bien après les 15 jours car il y a encore des problèmes : " grand oral des architectes..... lancement des travaux prévu fin 2014 ".

          -  DAUPHINE du 7.12.2013 : parle de sondages, de fouilles archéologiques puis " suivra la DUP à l’automne 2014.... un démarrage des travaux en 2015 ".

          -  L' ESSOR du 16 10.2014 : " l’avant-projet définitif présenté avant fin 2014 ..... Reste maintenant à déterminer le coût et le montage financier ". Monsieur RIGAUT précise " On validera tout cela avant la fin de l’année avec la présentation de l’avant-projet définitif et des plans ".

     On sait maintenant que ceci est de nouveau reporté en avril 2015 au plus tôt ! On sait qu’une nouvelle campagne de sondages a dû être effectuée, et que le bon sol ne serait qu’à 60 mètres de profondeur environ...     (un peu tard pour le savoir, normalement les sondages sont toujours effectués avant le début de toute étude. Un bon supplément de prix en perspective. Depuis le début, le projet est donc loin d’avancer normalement.

     Par ailleurs, vous écrivez : " en avril 2014 les Amis de la terre déposent un recours gracieux contre le SCOT ".  Je rajoute que de plus, en août 2014, ils ont déposé un recours contentieux. Je rappelle en même temps que le Tribunal administratif de Grenoble a annulé la partie du PLU d’Annecy-le-Vieux qui concerne la zone au bord du lac.

     Pour terminer, je ne puis m' empêcher de redire que ce projet est contestable à tous points de vue, qu' il détruirait s' il se réalisait un site magnifique et une très belle maison ancienne auxquels l' immense majorité de la population est attachée, nous l' avons constaté maintes fois.

     L’argument selon lequel cette partie de la presqu'île serait rendue totalement au public est ridicule : voyez la photo que vous joignez à l’article (photo trompeuse d' ailleurs car le bâtiment de 9 mètres de haut a été rendu plus bas lorsqu' on le compare avec la taille des personnages). Ou bien il faut monter sur le toit, quid en hiver avec la neige et la glace, et quid en été avec la chaleur, pas possible de planter des arbres. Ou bien il faut se contenter de " passer ", à droite, sur un plancher en bois où l’on n’a pas du tout envie de s’arrêter. Il faut aller jusqu' au bout pour enfin cheminer le long du lac.

     Bien au contraire, il faut ouvrir au public le parc de la villa ABEILLE, trouver à son intention un nouvel usage à cette très belle demeure et il y a l’embarras du choix, et ne pas importuner les familles qui habitent à l’arrière tant qu’elles ont envie d’y rester.

     Vous remerciant d’avoir bien voulu me lire je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.

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Extrait du discours de vœux du 15 janvier 2015  de notre ministre de l'écologie qui pourrait avoir été rédigé pour nous:

" ....

Permettez-moi, de souligner 2 dimensions transversales et à mes yeux essentielles .

Une nouvelle démocratie environnementale :

Nos modalités de consultation et d'enquête publiques datent .

Leur inadaptation est source de conflits autour de certains projets.

L'élaboration  souvent unilatérale des décisions, l'absence de débats en amont

et de propositions réellement contradictoires soumises à la discussion publique,

la lenteur des mises en œuvre qui fait que des choix opérés il y a une dizaine d'années deviennent décalés et tout le monde y perd.

C'est pourquoi la modernisation du droit de l'environnement, la simplification des procédures sans revoir à la baisse les exigences environnementales et 

 le développement de la démocratie participative afin que les citoyens soient plus directement associés aux décisions qui les concernent seront un des grands chantiers 2015 ....

le moment est venu de mettre en pratique une nouvelle démocratie environnementale.

Citation d'un chef indien :

" Quand le dernier arbre aura été abattu,

Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,

Quand le dernier poisson aura été pêché,

Alors on saura que l'argent ne se mange pas . "

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Chère Amie de la Terre, contre un projet délétère !

J'ai bien apprécié votre réunion du 19 novembre qui a éclairé ma lanterne carburant à l'idioxyde de Diogène. Elle m'a (ré)conforté dans mon désir de sauver la presqu'île de la monumentale bête qui détonne et bétonne le site tant aimé.

J'ai collé d'un geste irrévocable l'autocollant bleu indécollable sur la lunette arrière de ma NissAnnecy-la-Vieille. J'espère que les zotomobilistes qui me suivront empestant et en pestant contre ma lenteur auront le temps de déchiffrer la haute teneur en l'acte-tu-oses (plus lourd tu meurs !) de ce message salutaire autant que salvateur.

Cela fait plus d'un an que je vais jouer du djembé en solitaire sur les vieux bancs de pierre devant la villa Abeille ou contre la petite cabane blanche des sauveteurs de la plage d'Albigny. Quel spectacle assis sous les frondaisons ou en plein soleil regardant l'horizon ! C'est tout le romantisme littéraire et le charme grandeur nature qui vous remuent l'âme. J'ai déclamé maintes fois le poème de Lamartine sachant forban public que la regrettée Elvire mouillaient ses "pieds adorés" sur les rives du Bourget. Mais en léger différé lacustre, "ça le fait", comme disent les jeunes. Les jeunes qui ne sont peut-être pas trop sensibilisés par l'ampleur du projet. Tambouriner sur mon djembé comme un djembécile heureux (les simples d'esprit !?), c'est ma façon de protester contre ce centre des congrès et les notes qui se propagent tel un gaz plus exotique que toxique implorent la clémence du ciel pour chasser loin de nous ce mur de béton si végétalisé soit-il !

Ces quelques lignes mi-dilettantes, mi-litantes pour soutenir votre action méritante.

Comme on dit en mauvais Anglais: LA LUCHA CONTINUA

Kristian

Les vieux bancs de pierre

Les vieux bancs de pierre

Chacun peut imprimer ce document et l'envoyer à ses élus !

Chacun peut imprimer ce document et l'envoyer à ses élus !

Annie Taïeb

Annie Taïeb

La maison SUD dite maison Abeille

En cette harmonie tranquille
sereine face au miroir du lac
sise entre les arbres 
légère sur ses minces piliers
la demeure contemple les reflets de l'eau .

Qui voudrait la détruire
qu'il sache que s'effaçerait la beauté même
qui vers Annecy guide le promeneur
et que mourraient les ombres d'un passé.

Car il advient que l'homme
aveuglé par l'argent éphémère
ne voit pas que les lieux de lumière
plongent des racines profondes
nourries des générations d'antan .


                                        Gérard Henri Durand

Bernard Arragan

Bernard Arragan

Annecy 15/9/14

To M. Jean-luc Rigaut

Mayor of Annecy

Dear Sir I am writing to you to express my views on the proposed development on the Presqu’ile d’Albigny in Annecy.

I have been coming to Annecy regularly for my holidays for 30 years from my home in Sydney, Australia. This year my husband and I are staying here for 3 weeks in a holiday apartment.

We return to Annecy year after year because we love the delightful old town with its canals, historical buildings and restaurants. But the most important reason we come here is the lake and its surrounds: the gardens, the trees and the lawns where people can stroll and relax in an area unspoiled by modern development.

I have been told that a modern complex (CESC) has been approved to be built beside the Imperial Hotel and close to the lake. After looking at the plans for this development, I realize that it will destroy the beauty and ambiance of a whole area of Lake Annecy for the present and future residents of Annecy and for the thousands of tourists who come here, like me, to get away from the ugly concrete architecture of modern developments.

I hope that the development will be relocated and the beauty of Lake Annecy remain intact.

Yours faithfully

Sylvia Saszczak

Traduction :

A M. Jean-Luc Rigaut

Maire d'Annecy

Cher Monsieur,

Je vous adresse ce courrier afin de vous exprimer mon avis quant au projet de développement sur la presqu'île d'Albigny d'Annecy.

Je viens de Sidney (Australie) pour passer régulièrement des vacances à Annecy, et ce, depuis 30 ans. Cette année, mon mari et moi-même restons 3 semaines dans une location de vacances.

Nous revenons à Annecy année après année car nous adorons la charmante vieille ville, ses canaux, ses bâtiments historiques et ses restaurants. Mais la raison primordiale pour laquelle nous venons est le lac et ses environs : les jardins, les arbres et les pelouses où les personnes peuvent se promener, se détendre dans un domaine préservé du développement moderne.

J'ai entendu dire que le projet d'un complexe moderne (CESC) a été approuvé pour être construit devant l'impérial palace. Après avoir regardé les plans de construction, je comprends que cela va anéantir la beauté et l'ambiance du domaine entier du lac d'Annecy pour la population actuelle et future d'Annecy et pour les milliers de touristes qui viennent ici, comme moi, pour échapper à l'affreuse architecture bétonnée de ce développement moderne.

J'espère que ce projet sera délocalisé et par conséquent la beauté du lac d'Annecy préservée.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Sylvia Saszczak

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LE ROI DES BLAIREAUX

Le pouvoir est la chose la moins partagée. Ceux qui le détiennent souvent en abusent, oubliant qui leur a conféré.
Dans la forêt de « Cedeza », les animaux vivaient librement.
Intelligemment     organisés,     régulièrement     ils     élisaient     leurs représentants.
Au fil des années, la communauté des blaireaux fut surreprésentée au sein de l'assemblée.

Les  autres  animaux,   par  leur  seule  subsistance   préoccupés,  de l'aménagement de la forêt s'étaient désintéressés.
Manquant cruellement d'idées pour le bien de la collectivité, deux blaireaux parmi les plus avides décidèrent de bâtir un centre des congrès.
« Quel drôle de projet I » se dirent en chœur les autres animaux qui subitement voulaient donner leur avis.
« Rien que le coût d'une telle lubie prouve que c'est une folie » ajouta l'écureuil.
« Et où le construirez-vous ? » demanda le sanglier.
« Dans quelles poches iront nos sous ? » s'interrogea le lièvre.
« Quels arbres centenaires détruirez-vous ? » s'inquiéta le cerf.
« Et comment le remplirez-vous ? » hulula le hibou.
Peu habitués à entendre la population, les blaireaux répondirent à l'unisson : « On ne vous a rien demandé, et vous nous avez élus I»
Bernardo, le maître blaireau, jura : « Par le grand architecte de l'univers, ce projet se concrétisera ! »
Jean-Luco, le blaireau en second, renchérit « Ce sera au bord de la mare et nulle part ailleurs ! »
Protégé depuis des années, ce site faisait la fierté de la forêt.
Les animaux ulcérés qu'on puisse y attenter, décidèrent de se mobiliser.
Bientôt des centaines puis des milliers affluèrent au bord de la mare pour la protéger.
Voyant cet attroupement du haut de son barrage, le castor Eiffajo menaça : « On m'a promis ce chantier, il doit se réaliser ! En plus, j'ai déjà payé I »
Aucune déclaration ne calmait la protestation, les actions se multipliaient contre ce centre de congrès.
Apeurés et dépités, les blaireaux décidèrent de reculer face à tant d'hostilité. Ils enterrèrent le projet à tout jamais.

L'écureuil, le sanglier, le lièvre, le cerf et le hibou destituèrent les blaireaux et promirent de siéger dans la prochaine assemblée.
Quand on gouverne sans discernement, on finit toujours par se faire casser les dents.
               Libre de droits, reproduction autorisée. Février 2013
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_______________ Texte original de K. Dehgane ____________________